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Lendemains de scrutins et discours présidentiel aux jeunes en couverture des journaux camerounais

Publié le 12.02.2020 à 12h18 par APA

Après quatre jours d’absence dans les kiosques, les journaux camerounais parus mercredi se penchent sur les élections législatives et municipales de dimanche, et s’attèlent également à décrypter le discours du chef de l’État à la jeunesse de son pays.Le mot «abstention», pour qualifier le déroulement des législatives et municipales du 9 février, revient avec insistance dans les colonnes de Eden, Émergence, Intégration, La Voix du Centre, Le Jour, Le Messager, L’Œil du Sahel, Mutations, The Horizon et The Sun.

 Le faible taux de participation, que La Voix du Centre situe à «près de 75%» est, pour l’avant-dernier titre cité, la principale leçon à tirer de ces consultations. «Le double scrutin a été marqué dimanche par une faible participation, des irrégularités et des violences», résume Mutations sous le titre «Pic de répressions». Ce fut un véritable cauchemar électoral dans le chef-lieu du Nord-Ouest, Bamenda, soupire Intégration qui dénonce les morts, les violences physiques et verbales ayant émaillé la journée de dimanche dans cette cité.

 La faible participation des citoyens peut également s’expliquer par la perte de confiance au processus électoral, renchérit, dans les colonnes de Le Jour, le président national de l’ONG de lutte contre la corruption Transparency International, Henri Ngoh Manga. Les raisons pour lesquelles les gens ne votent pas au Cameroun sont multiples, convient Repères.

 Ces phénomènes auront été plus accentués dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en pleine crise sécessionniste, appuie The Star, notant que la principale victime de l’abstention sera sans conteste le Front social démocratique (SDF), premier parti de l’opposition parlementaire au profit de la formation au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC).

 C’est que, expliquent Municipal Updates, News Watch, The Chronicle Times, The Horizon, The Guardian Post et The Sun, bravant le mot d’ordre de «pays mort» décrété par les milices séparatistes, les dignitaires du régime se sont massivement investis dans cette partie du pays et entraîné avec eux quelques partisans.

 «Quelles que soient les statistiques déjà publiées et celles à venir, informant l’opinion publique d’une participation honorable des électeurs camerounais, il reste évident que la mobilisation des électeurs camerounais aura été très en dessous des espérances du pouvoir. Ce qui traduit au demeurant une tendance lourde du système politique camerounais, à côté du vote tribal, de la corruption et de la violence», analyse Mutations.

 C’est en effet un tout autre visage dudit scrutin que présentent Cameroon Tribune (CT), Essingan, Le Quotidien, Le Point Hebdo, L’Essentiel et surtout l’hebdomadaire du RDPC, L’Action, pour qui «les Camerounais se sont rendus en masse dans les bureaux de vote à travers le pays». En dehors de quelques remous isolés vite maîtrisés dans le Nord-Ouest, le double scrutin de dimanche dernier s’est déroulé globalement dans le calme et la sécurité sur l’ensemble du territoire, acquiesce EcoMatin. Le double scrutin du 9 février s’est tenu dans le calme en dépit d’une forte abstention dans certains grands centres urbains, confirme Repères.

 Cette publication, sous le titre «Paul Biya aux jeunes : ‘’J’ai besoin de vous »», consacre sa grande manchette au discours présidentiel à la veille de la 54ème Fête nationale de la jeunesse célébrée mardi : «Face aux dérives de plus en plus récurrentes à mettre à leur actif, lesquelles plombent le développement du Cameroun, le chef de l’État a, le 10 février, demandé aux jeunes d’adopter un comportement citoyen.»

 Le président de la République a appelé ses jeunes compatriotes à plus de responsabilité et à saisir les différentes opportunités qui leur sont offertes dans le cadre du Cameroun nouveau qui se construit», conviennent CT, Eden, Le Pélican, The Chronicle Times, The Sun. C’est une nouvelle main tendue aux jeunes des zones anglophones pour le dépôt des armes, alors qu’un peu plus de 500.000 emplois ont par ailleurs été créés en 2019, prolonge L’Essentiel. Évoquant «une rupture» dans le ton, Mutations souligne que Paul Biya «a sorti sa mallette pédagogique».

 Sauf que, pour Le Messager, les milliers d’emplois créés dont se félicite le chef de l’État sont tout ce qu’il y a de fictif. C’est un «choc des contrastes», convient L’Indépendant alors que, pour La Voix du Centre, ce fut le discours présidentiel «de trop», tant il sonnait creux.