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Covid-19 : pour des mesures économiques urgentes au Sénégal

Publié le 21.03.2020 à 19h18 par APA

L’économiste sénégalais, Doudou Dieng appelle en urgence à un moratoire fiscal en faveur des entreprises.L’État du Sénégal doit accorder un moratoire sur la fiscalité aux entreprises locales pour qu’elles survivent au coronavirus. C’est la conviction de Doudou Dieng, enseignant-chercheur en Économie à l’Université Alioune Diop de Bambey (centre du Sénégal).

« Pour maintenir la confiance au niveau des décideurs économiques et en premier lieu les entreprises, la décision d’un moratoire fiscal doit être prise et le plus vite possible », soutient cet économiste sénégalais dans un entretien avec APA.

Pourtant, jeudi dernier lors d’une conférence de presse portant sur les conséquences du coronavirus sur l’économie du Sénégal, le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Amadou Hott a déclaré qu’« il est vraiment prématuré de penser à un moratoire sur la fiscalité ».

Mais pour M. Dieng, cette mesure est vitale : « L’économie fonctionne toujours sur la confiance. Si l’État demande aux entreprises de recourir, autant que possible, au télétravail, il faudrait en retour, et conformément à son rôle régalien de régulateur de l’économie, qu’il prenne des mesures incitatives » pour assurer la continuité de leurs activités, explique le chercheur.

Ce spécialiste des questions économiques met aussi en garde contre une potentielle « flambée des prix » des produits de première nécessité que pourrait causer une ruée des Sénégalais sur les marchés pour constituer des stocks alimentaires.

Nombre de pays touchés par le coronavirus ont déjà peaufiné des stratégies pour soutenir leurs économies durement affectées par la pandémie. Au Sénégal, les autorités ne s’empressent pas.

A en croire l’ancien directeur du commerce intérieur du Sénégal, El Hadj Alioune Diouf, l’Etat veut par-là « montrer que la crise n’a pas encore atteint un niveau grave dans notre pays, que notre économie est résiliente et que nous sommes en mesure de tenir pour le moment ».

Toutefois, relativise-t-il, « nous sommes obligés de faire attention et de comprendre que nous ne pouvons pas être les seuls à ne pas souffrir du coronavirus ». Par conséquent, il a invité le gouvernement à rester ferme sur les mesures d’hygiène et le respect des gestes barrières.

Le ministre de l’Économie a récemment annoncé la mise en place d’un Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19. Celui-ci, a indiqué Amadou Hott, « proposera une batterie de mesures, notamment en termes d’accompagnement des secteurs affectés par la pandémie tels que le tourisme, le transport aérien, les chaînes d’approvisionnement du commerce formel et informel et de l’industrie, dans le sens de préserver des emplois et d’atténuer les répercussions sociales de la crise ».

M. Hott a également affirmé que l’État du Sénégal n’envisage pas de suspendre « pour le moment » sa dette. Une « sage » décision selon l’enseignant-chercheur Doudou Dieng.

Ce dernier souligne que si l’Etat se retrouve dans l’impossibilité d’honorer ses engagements sur les intérêts du service de la dette, en ce moment, il pourra envisager une renégociation avec ses partenaires afin d’obtenir un moratoire sur les échéances de paiement.