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Coronavirus : les parents d’élèves sénégalais devant leur responsabilité

Publié le 20.03.2020 à 18h18 par APA

Au Sénégal, l’efficacité de la suspension des cours du primaire à l’université sera jugée à l’aune de l’investissement des parents dans la résistance contre le Covid-19.C’est la mi-journée à la Médina. Une populeuse commune de Dakar. Dans la rue 27, l’ambiance est bon enfant. Comme durant les grandes vacances, des mômes jouent par-ci, par-là.

Installées sur cette voie, des vendeuses de petit-déjeuner et des lavandières ne semblent pas être affectées par l’énergie débordante des enfants. Adji Coumba Diouf, élève en classe de CE1 (primaire), s’amuse devant la porte de la maison familiale.

A première vue, cette fille n’est pas sensibilisée sur les raisons ayant conduit le président de la République Macky Sall à suspendre, pour trois semaines, les enseignements. « Les vacances se passent très bien parce que j’ai du temps pour jouer avec mes amies », murmure-t-elle.

A l’autre bout de la rue, Sidy Ababacar Sy, vêtu d’un maillot, participe à une partie de football. Pour ce jeune homme, c’est impossible de « rester tout le temps enfermé chez soi ». Malgré tout, puisqu’il va subir, en fin d’année scolaire, les épreuves du baccalauréat, Sidy profite de ce répit forcé  « pour mémoriser certaines leçons ».

Dans la capitale, de nombreux parents doivent concilier travail et surveillance des enfants. La promiscuité n’aidant pas, certains enfants investissent la rue. Pour faire respecter à leur progéniture les gestes barrières contre le coronavirus et réduire significativement les activités externes, des familles s’organisent autant que possible.

Ndèye Absa Mbaye, prend son rôle de mère à cœur. Entourée de ses enfants, cette dame mijote un plat dans sa cuisine. « Je suis très heureuse de l’arrêt des cours. J’ai désormais l’esprit tranquille car mes enfants sont à côté de moi », raconte cette quinquagénaire.

Dans le menu détail, elle narre l’emploi du temps concocté pour ses enfants : « Chaque matin, ils apprennent le Coran avant de jouer au scrabble. Et le soir, un répétiteur les encadre dans plusieurs matières ».
Même son de cloche du côté d’Habibou Keïta. « Il y a un étudiant dans la maison qui se charge de dispenser des cours aux enfants. La bonne veille à ce qu’ils ne sortent pas de la maison. Toute la journée, ils étudient ou regardent la télévision », énonce ce père de famille assis dans son salon.

Poursuivant, M. Keïta salue la fermeture des écoles et universités qui sont « des lieux propices à la propagation du nouveau coronavirus ». Au Sénégal, des groupes de presse ont réaménagé leur grille des programmes en prenant davantage en compte la dimension éducative des médias.

La Télévision Futurs Médias (TFM, privée) a ainsi créé l’émission « Salle des profs » diffusée tous les jours le matin puis rediffusée l’après-midi. Sur ce plateau, des professeurs simplifient quelques notions dans différentes disciplines.

Pendant cette veille totale du système éducatif, l’Association sénégalaise des professeurs de français s’offre une page dans un journal. Avec ce procédé, ces amoureux de la langue de Molière encouragent les élèves du pays à étudier.

Le ministère de l’Education nationale a aussi lancé le concept « Apprendre à la maison ». Sur son site officiel, ce département propose un large éventail de contenus pour le préscolaire, l’élémentaire, le collègue et le lycée. En attendant la reprise des cours.