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Tuesday, March 10th, 2020

 

Venezuela: la police disperse une manifestation de l’opposition

La police vénézuélienne a dispersé mardi à Caracas une manifestation de l’opposition contre Nicolas Maduro à laquelle avait appelé Juan Guaido, dans l’espoir de raviver le mouvement de protestation contre le président socialiste et exiger une nouvelle élection présidentielle.

En début de soirée, l’opposition a dénoncé l’arrestation d’un député d’opposition, Renzo Prieto, appréhendé par les FAES, un corps controversé de la police vénézuélienne, quelques heures après la manifestation. De même source, deux autres députés d’opposition ont été brièvement arrêtés puis relâchés.

Plus tôt dans la journée, quelques milliers de manifestants anti-Maduro s’étaient élancés d’une place dans l’Est de Caracas pour rejoindre l’Assemblée nationale, avec Juan Guaido en tête de cortège.

Mais peu de temps après le début de la manifestation, la Police nationale bolivarienne (PNB) a bloqué le cortège. Juan Guaido a tenté d’entamer un dialogue avec les agents qui ont alors tiré du gaz lacrymogène pour disperser la manifestation, selon un journaliste de l’AFP.

Certains manifestants ont répondu en lançant des pierres et des bâtons en direction des agents.

« Tout cela me fait mal, mais je me sens encore plus valeureuse, j’ai encore plus envie de continuer à protester », a dit à l’AFP Katherine Croquer, une manifestante de 54 ans.

Les manifestants comptaient se diriger vers le siège du Parlement pour exiger une nouvelle élection présidentielle et faire entendre leurs revendications sociales et économiques.

Le Parlement unicaméral est l’unique organe aux mains de l’opposition au président Maduro, mais ses décisions sont systématiquement annulées par la Cour suprême.

Juan Guaido a été réélu à sa tête en janvier avec les seules voix de l’opposition, mais le pouvoir chaviste n’a pas reconnu cette élection.

-« Selfie »-

Empêchés de s’approcher du Parlement, Juan Guaido, des élus d’opposition et des sympathisants se sont finalement rendus sur une place à quelques centaines de mètres de là et ont organisé une séance de l’Assemblée nationale. Les élus ont approuvé un texte qui exige la tenue d’une nouvelle élection présidentielle, deux ans après le scrutin « frauduleux », selon eux, qui a permis à Nicolas Maduro de se maintenir au pouvoir.

« N’ayez pas peur », a lancé Juan Guaido à la foule.

Au même moment, plusieurs milliers de personnes s’étaient réunies à l’appel du pouvoir pour une « contre-manifestation » dans le centre de Caracas avec comme mot d’ordre la « défense de la souveraineté » du Venezuela face aux « agressions » économiques du président américain Donald Trump.

Washington, principal soutien de Juan Guaido à l’international, a pris un éventail de sanctions pour accentuer la pression sur Nicolas Maduro que l’opposant tente, en vain, d’évincer depuis un peu plus d’un an.

Diosdado Cabello, numéro deux du PSUV, le parti présidentiel, a ironisé sur les élus d’opposition dont la manifestation a été dispersée par la police. « Ils ont commis des actes de violence pour une photo. Ils pensent qu’en prenant un +selfie+ ils vont réussir à renverser le gouvernement révolutionnaire », a-t-il dit.

Avec cette nouvelle mobilisation, Juan Guaido, que près d’une soixantaine de pays reconnaissent comme président par intérim, comptait relancer le mouvement de protestation contre le chef de l’Etat qu’il qualifie de « dictateur ».

Ces derniers mois, ses appels à manifester ont rencontré un écho bien moindre que début 2019, lorsque des dizaines de milliers de Vénézuéliens se mobilisaient chaque semaine.

Il s’agit de la première manifestation d’envergure de l’opposition depuis le retour mi-février de Juan Guaido d’une tournée internationale au cours de laquelle Donald Trump et le président français Emmanuel Macron, entre autres, lui ont réitéré leur soutien.

De son côté, Nicolas Maduro a toujours l’appui de la Russie, de Cuba, de la Chine et de l’état-major de l’armée, clef de voûte du système politique vénézuélien.

« La situation (du Venezuela) est catastrophique. Les droits des travailleurs ne sont pas respectés, nous exigeons que cela change », a déclaré Ofelia Rivera, 58 ans, une éducatrice à la retraite interrogée par l’AFP avant le début de la manifestation à Caracas.

Le Venezuela traverse la pire crise de son histoire récente, avec, entre autres maux, des pénuries de médicaments et une hyperinflation qui a atteint 9.585,5% en 2019, selon la Banque centrale.

D’après la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Michelle Bachelet, 4,9 millions de personnes ont « abandonné » le Venezuela, qui compte 30 millions d’habitants, depuis fin 2015.


L’UE conditionne l’envoi d’observateurs électoraux en Côte d’Ivoire après une mission d’évaluation en juin

Publié le 11.03.2020 à 00h18 par APA

L’Union européenne (UE) déploiera des observateurs électoraux pour la présidentielle d’octobre 2020 en Côte d’Ivoire à la suite d’une évaluation « positive » d’une mission attendue en juin dans le pays, selon le représentant résident de l’UE à Abidjan, Jobst Von Kirchmann.« Le gouvernement ivoirien nous a demandé de faire une observation électorale (…) on le fera si la mission d’évaluation conclut d’une manière positive », a dit Jobst Von Kirchmann, chef de la délégation de l’UE en Côte d’Ivoire.

L’ambassadeur de l’UE en Côte d’Ivoire, Jobst Von Kirchmann, s’exprimait à un Press-club de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (UNJCI) tenu à la Maison de la presse au Plateau, le centre des Affaires d’Abidjan.

L’UE enverra « une observation électorale après une mission d’évaluation qui va se faire en juin » 2020, a-t-il insisté, avant d’ajouter «c’est ça notre contribution active en tant que partenaire pour qu’il y ait un bon déroulement des élections ».  

En tant que partenaire de la Côte d’Ivoire, l’UE « accompagne » et soutient le processus électoral, a indiqué le diplomate européen. L’Union s’affiche comme un « partenaire très important », le premier partenaire commercial de la Côte d’Ivoire puisque 40% des exports vont en direction de l’Union européenne.

La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, exporte 70% de sa production vers l’Union européenne contre 3% des exports en Chine. L’année précédente (2019), l’UE a ratifié avec la Côte d’Ivoire un accord commercial dans le cadre d’un échange régional.  

« Le premier pays d’export de la Côte d’Ivoire dans l’espace UE est les Pays-Bas, largement avant les autres, car les produits ivoiriens rentrent par le port de Rotterdam dans un marché unique où il circule librement, va en France, en Belgique, en Allemagne… », a-t-il poursuivi.

L’Union Européenne comprend actuellement 27 pays après le Brexit, la sortie de la Grande Bretagne de l’organisation. Cette organisation qui revendique 450 millions d’habitants, est le premier bloc commercial au monde.  

Pour l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara a annoncé le 5 mars 2020 qu’il ne sera pas candidat, une décision qui a surpris même les gens de son camp, dans un message sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en congrès.      


Droits des femmes: la Côte d’Ivoire en «bonne position» dans l’application du protocole de Maputo (Ministre)

Publié le 11.03.2020 à 00h18 par APA

La Côte d’Ivoire est en « bonne position » dans l’application du protocole de Maputo, un instrument juridique international, qui garantit les droits des femmes y compris leur participation à la vie politique du pays, a soutenu mardi à Abidjan, Ramata Ly-Bakayoko, la ministre ivoirienne de la femme, de la famille et de l’enfant dans un entretien avec APA.« On a fait le bilan du protocole de Maputo, nous sommes en bonne position au niveau de son application. Il y a eu une grande avancée et 2019 a vraiment été l’année de la femme en Côte d’Ivoire», s’est satisfaite Mme Bakayoko dans cet entretien avec APA, énumérant les principales actions du gouvernement ivoirien en faveur des femmes.

Notamment, la promotion de leurs droits politiques, économiques et sociaux.  « Les acquis sont importants. Au niveau politique,  vous avez la loi du 14 octobre 2019 qui institue 30% de candidature féminine dans tous les scrutins. Et l’objectif final, c’est d’atteindre bien-sûr les 50%. Il y a également les droits économiques des femmes avec des fonds d’appui », a-t-elle entre autres indiqué.

Mme Bakayoko a  également noté des avancées au niveau social avec  l’éducation inclusive des filles et l’éducation financière des femmes. « Tous ces programmes mis ensemble permettent à la femme d’avoir son autonomie et sa dignité et contribuer au ménage et à la communauté. Tout cela rentre dans le cadre du protocole de Maputo», a souligné Mme Bakayoko.

En ce qui concerne les questions d’avortement non encore autorisé par la législation ivoirienne, la ministre ivoirienne de la femme, de la famille et de l’enfant a conclu  que l’accent est plutôt mis sur la prévention et la sensibilisation des jeunes filles.

En Côte d’Ivoire, la lutte contre les avortements clandestins est menée  par Action contre les grossesses non désirées et à risque (AGnDR), une coalition d’une vingtaine d’organisations de la société civile qui œuvre à la réduction de la mortalité maternelle.

L’article 14 du protocole de Mapouto, met à la charge des Etats parties l’obligation de donner accès à l’avortement médicalisé aux femmes et aux filles enceintes à la suite d’un inceste, d’un viol ou tout autre forme d’agression sexuelle ou lorsque la santé mentale ou physique de la femme ou de la fille enceinte est en danger ou encore lorsqu’il y a risque pour la vie de la femme ou du fœtus .

Outre sa ratification, la Côte d’Ivoire a publié le protocole de Maputo dans le journal officiel du 05 janvier 2012 à travers le décret numéro 2016-226.

Conformément à l’article 123 de la constitution ivoirienne de  2016, les traités ou accords régulièrement ratifiés, ont dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque traité ou accord,  de son application par l’autre partie.

Malgré ces engagements, la Côte d’Ivoire a l’une des lois les plus restrictives sur l’avortement avec l’article 366 qui stipule que «quiconque, par aliments, breuvages, médicaments, manœuvres, violence ou par tout autre moyen procure ou tente de procurer l’avortement d’une femme enceinte, qu’elle y ait consenti ou non est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 150 000 FCFA à 1 500 000 FCFA (…) ».

Selon l’Enquête démographique et de santé (EDS 2012), le ratio de mortalité maternelle est estimé à 614 décès pour 100 000 naissances vivantes en Côte d’Ivoire, l’un des ratios de mortalité maternelle le plus élevé en Afrique subsaharienne, et 14% de ces 614 décès sont liés à l’avortement clandestin.

 Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les avortements clandestins représentent 15% des décès maternels. En Côte d’Ivoire, le taux de prévalence contraceptive tourne autour de 21%, alors que le pays s’est fixé un objectif de 36% à atteindre en 2020.


Kenya : l’unique girafe blanche femelle tuée par des braconniers

Publié le 10.03.2020 à 22h52 par AFP

L’unique girafe blanche femelle répertoriée au Kenya, et son petit ont été tués par des braconniers dans une réserve de l’est du pays, a annoncé mardi une association locale. Ces animaux extrêmement rares n’ont été signalés dans aucun autre pays du monde.

Les corps des deux girafes aux peaux blanches en raison d’une pigmentation rarissime ont été trouvés « à l’état de squelette après avoir été tués par des braconniers » dans une réserve de Garissa, dans l’est du Kenya.

Après leur disparition, il ne reste en vie qu’une seule girafe blanche, un mâle, dont la mère était la femelle abattue par des chasseurs, a indiqué dans un communiqué l’association locale Ishaqbini Hirola, qui gère la réserve.

« Nous sommes la seule communauté au monde qui s’occupe de préserver la girafe blanche », a déclaré Mohammed Ahmednoor, le directeur de l’association.

« Cette tuerie est un coup dur pour les mesures importantes prises par la communauté pour préserver des espèces rares, et un appel à la vigilance pour un soutien continu aux efforts de protection », a-t-il estimé.

La girafe blanche a suscité un grand intérêt en 2017, lorsqu’elle a été aperçue pour la première fois dans la réserve kényane et lorsqu’elle a donné naissance à deux petits, le dernier né en août 2019.

Ces girafes blanches présentent les caractéristiques non pas de l’albinisme mais d’une condition génétique appelée leucisme, due à un déficit des cellules pigmentaires, que l’on retrouve notamment chez certains tigres blancs.


Mali: le dialogue avec les jihadistes doit impliquer les combattants (expert)

Publié le 10.03.2020 à 22h18 par APA

La fin du conflit au nord du Mali nécessite l’implication des combattants dont les visées ne se recoupent pas toujours avec celles des chefs jihadistes, dissèque Ibrahim Maïga, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS) basé à Bamako.« On a des groupes segmentés dont les intérêts des leaders ne coïncident pas nécessairement avec ceux du niveau intermédiaire, encore moins de la base combattante », développe M. Maïga, spécialiste des questions de paix et de sécurité au Sahel.

Pour s’en convaincre, cet expert relève que dans « les mouvements jihadistes, certains membres évoquent des raisons de vengeance, de protection d’eux-mêmes, de leur famille, de leur communauté ou de leur bétail. Parfois, c’est pour l’amélioration de leur condition économique ».

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L’appel au dialogue du président malien Ibrahim Boubacar Keïta a trouvé un écho favorable auprès d’Iyad Ag-Ghali, le chef  du Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (Gsim). Mais ce dernier, dans une lettre rendue publique dimanche 8 mars puis certifiée le lendemain par le Centre américain de surveillance des sites jihadistes (SITE), a demandé le retrait des troupes de l’opération Barkhane mais aussi de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (Minusma).

« Le communiqué est plus politique que religieux. On a la preuve supplémentaire qu’Iyad Ag-Ghali est un animal politique. L’essentiel de son discours s’articule autour de la présence au Mali des forces étrangères et des manifestations ayant eu lieu pour demander leur départ. Il souhaite continuer à jouer un rôle de premier plan que ça soit dans le cadre d’une négociation ou pas », analyse Ibrahim Maïga, titulaire d’un Master en droit international et transnational de l’université de Laval (Canada).

Poursuivant, le chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS) soutient que, pour le moment, « les autorités maliennes ne souhaitent pas un retrait des forces étrangères. Bamako veut plutôt une amélioration de leur efficacité voire une révision de leur mandat » parce que le départ précipité des éléments de Barkhane et de la mission onusienne « pourrait être dommageable» pour l’Etat qui peine à imposer son autorité dans certaines parties du pays.

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Jugeant que les revendications de cette figure du jihadisme au Sahel « ne sont pas nouvelles », il décèle un piège que doit impérativement éviter le gouvernement malien. « Le dialogue, tel qu’il est aujourd’hui présenté dans ses grandes lignes, est souvent assimilé à un processus de discussions entre les leaders jihadistes et les représentants de l’Etat », note-t-il.

Ibrahim Maïga défend l’idée selon laquelle, les négociations doivent être plus larges : « Il faut que le dialogue soit plus démocratique et plus décentralisé».


Mali : le dialogue tel que voulu par Iyad Ag-Ghali

Publié le 10.03.2020 à 22h18 par APA

Le principal chef jihadiste malien, Iyad Ag-Ghali, accepte de dialoguer avec Bamako mais à condition…« Que le gouvernement annonce ouvertement la fin de la présence de la Force Barkhane et de la Minusma sur notre territoire. (…) Ensuite, nous répondrons à tout appel à des négociations avec l’Etat pour le bien du pays et du peuple », écrit le principal groupe jihadiste malien, en allusion aux deux principales forces étrangères présentes au Mali : l’opération militaire française et la mission militaire onusienne.

Dans un communiqué publié dimanche 8 mars sur sa plateforme électronique al-Zallaqa, le Groupe de soutien de l’Islam et des Musulmans (Gsim ou Jnim pour son nom en arabe (Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin), estime qu’il est impossible « de parler de négociations au vu de cette occupation ».

Le groupe que dirige l’ancien leader rebelle touareg malien converti au jihadisme, Iyad Ag-Ghali, 62 ans, exige que « les forces françaises et leurs collaborateurs quittent le Mali ; cessent leur agression et leur ingérence manifeste et secrète dans nos affaires, car nous n’intervenons pas dans les leurs ».

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Pour les compagnons de ce natif de la région de Boghassa (plus de 1000 km au nord-est de Bamako), si cette condition est satisfaite, le peuple malien découvrira qu’ils sont « les plus préoccupés par la stabilité, la sécurité, le progrès et l’amélioration des conditions de vie comme la santé, l’éducation, le logement et le travail ».

Dans sa lettre authentifiée par le Centre américain de surveillance des sites jihadistes (SITE), le Gsim martèle que « si le gouvernement de Bamako veut vraiment servir les intérêts de son peuple, qu’il adresse à la France les demandes franches exprimées par la population. Qu’il annonce se tenir aux côtés de son peuple dont le désir légitime est d’être libéré de cette occupation ».

Ces djihadistes justifient leur position par le désir de vivre « comme des hommes libres et dignes sur (leur) terre comme le font les autres peuples du monde ».

Ce communiqué du Gsim ou Jnim intervient quelques semaines après la déclaration tenue le 10 février par le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) disposé à dialoguer avec les chefs jihadistes contrôlant une bonne partie du Mali.

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Quelques jours avant la déclaration d’IBK, en marge du 33e Sommet de l’Union Africaine (UA) en Ethiopie, son Haut représentant pour le centre, Dioncounda Traoré, expliquait avoir mandaté des émissaires pour prendre contact avec les groupes jihadistes.

A ce jour, Bamako n’a pas donné suite aux conditions fixées par Iyad Ag-Ghali. Mais dans un passé récent, Ibrahim Boubacar Keïta a affirmé que « ceux qui demandent le départ des forces étrangères, sont des ennemis du Mali ».


Sahel-Jihadisme: Pour Tiebilé Dramé, le Mali explore toutes « les options pour la paix »

Publié le 10.03.2020 à 22h18 par APA

Cet entretien avec le chef de la diplomatie malienne, Tiébilé Dramé, au sujet de l’idée de dialogue entre le gouvernement et les groupes jihadistes a été initialement publié le 17 février dernier. En raison de sa pertinence, nous le republions.Lors du Sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba, en Éthiopie, tenu les 9 et 10 février, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a affirmé que le Sahel constitue une digue contre la menace jihadiste qu’il faut absolument protéger. A-t-il a été entendu ?

Ce sommet a été un moment important de prise de conscience de la gravité de la situation sécuritaire au Sahel, de la gravité de la menace qu’elle représente pour le continent et pour le reste du monde. En première ligne, les pays du Sahel sont dans la posture de la digue qui ne doit pas céder.

Beaucoup d’intervenants ont déploré le manque de solidarité entre Africains face à la menace jihadiste. Avez-vous ressenti une détermination des Africains à aider les pays du Sahel pour combattre la menace ?

Je vous ai parlé d’une prise de conscience. De toutes les déclarations des leaders, il est apparu que l’Afrique ne veut plus être désormais une spectatrice. Elle veut jouer les premiers rôles. Il reste à passer aux actes. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a donné le ton. Le reste du continent suivra, je l’espère, très bientôt.

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Lors du sommet de Pau (France) qui a réuni en janvier dernier, autour du président français Emmanuel Macron, les chefs d’Etat du G5 Sahel, plusieurs mesures ont été annoncées. Avez-vous l’impression qu’il y a une réelle volonté des pays du Sahel de les appliquer ?

Pau a été un lieu d’engagements communs du Sahel et de la France. Un mois après, tout le monde peut voir que nous sommes entrés dans le temps des actes concrets. Le dernier exemple le plus significatif de cette nouvelle étape est l’entrée, le 13 février, des premières unités de la nouvelle armée malienne dans la ville de Kidal. C’est un pas important du processus de réunification et de stabilisation du Mali.

Qu’est-ce qui empêche, selon vous, les parties signataires à appliquer l’accord de paix d’Alger signé en 2015 ?

Cette question relève du passé maintenant. Le déploiement de nos forces armées reconstituées à Kidal est la preuve de la nouvelle impulsion donnée au processus d’Alger.

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Certains pays africains réclament leur entrée dans le G5 Sahel, d’autres souhaitent un cadre plus large. Êtes-vous d’accord ?

La coalition pour le Sahel créée à Pau, le 13 janvier, est ouverte à tous ceux qui veulent apporter leur contribution à la lutte contre le fléau du terrorisme.

Le président Keïta, qui était opposé à toute idée de dialogue avec les jihadistes, a récemment changé d’avis. Pourquoi ?

Explorer les voies du dialogue avec les jihadistes maliens est une recommandation des forces vives du pays réunies en congrès du 14 au 22 décembre 2019. C’est une recommandation qui s’impose à tous. Le président de la République retiendra les meilleures options pour apaiser le pays et pour y restaurer la concorde. En résumé, il ne faut négliger aucune piste susceptible de nous conduire vers l’apaisement, la paix et la concorde.


Deuxième cas mondial de guérison d’un patient atteint du VIH

Publié le 10.03.2020 à 19h52 par AFP

Un patient atteint du VIH, ayant bénéficié d’une greffe de cellules souches, est désormais « guéri », ce qui en fait le deuxième au monde à se remettre de cette maladie, ont annoncé ses médecins mardi.

Près de dix ans après le premier cas confirmé d’un patient souffrant du VIH et qui s’en était débarrassé, ce deuxième cas, connu comme « le patient de Londres », n’a manifesté aucun signe du virus depuis 30 mois malgré l’arrêt des traitements antirétroviraux, selon les résultats publiés dans la revue The Lancet HIV.

En mars 2019, le professeur Ravindra Gupta, de l’université de Cambridge, avait annoncé que cet homme diagnostiqué séropositif en 2003 était en rémission, n’ayant montré aucun signe d’atteinte du virus depuis 18 mois.

Le médecin avait toutefois alors appelé à la prudence, insistant sur le terme de rémission et non de guérison, demandant plus de temps.

Un an plus tard, son équipe a franchi ce pas. « Nous suggérons que nos résultats représentent une guérison du VIH », écrivent-ils, après avoir testé des échantillons de sang, tissus, sperme.

« Nous avons testé un nombre assez considérable de lieux où le virus aime se cacher et pratiquement tout était négatif », hormis quelques restes « fossiles » de virus non actif, a expliqué à l’AFP le Pr Gupta. « C’est difficile d’imaginer que toute trace d’un virus qui infecte des milliards de cellules a été éliminée », s’est-il réjoui.

Comme le « patient de Berlin », l’Américain Timothy Ray Brown considéré guéri en 2011, ce « patient de Londres » a subi une greffe de moelle osseuse pour traiter un cancer du sang, et reçu ainsi des cellules souches de donneurs porteurs d’une mutation génétique rare qui empêche le VIH de s’implanter, le CCR5.

Le fait que la guérison du patient de Berlin soit restée isolée pendant près de dix ans laissait penser à certains que ce n’était qu’un coup de chance.

« Nos conclusions montrent que le succès de la transplantation de cellules souches comme traitement du VIH, pour la première fois rapportée il y a 9 ans pour le patient de Berlin, peut être reproduite », estiment les chercheurs qui espèrent désormais d’autres succès.

« D’autres patients ont bénéficié d’un traitement similaire, mais aucun n’est aussi loin dans la rémission (…). Il y en aura probablement d’autres, mais cela prendra du temps », a commenté le Pr Gupta.

– Procédure lourde et risquée –

En attendant, le patient de Londres a décidé de révéler cette semaine son identité dans un entretien au New York Times. « Je veux être un ambassadeur d’espoir », a expliqué Adam Castillejo, 40 ans, qui a grandi à Caracas, au Venezuela.

Mais les chercheurs reconnaissent que pour l’instant leur méthode n’est pas une solution pour les millions de personnes qui vivent avec la maladie dans le monde et la contrôlent grâce aux antirétroviraux à prendre à vie.

La procédure utilisée pour les deux patients guéris est très lourde et risquée, posant des questions « éthiques », souligne le Pr Gupta.

« Il faut mettre en balance le taux de mortalité de 10% pour une transplantation de cellules souches et le risque de mort si on ne fait rien », selon lui.

« Un travail tel que celui-là est important pour le développement de stratégies de traitement qui pourraient être applicables plus largement », a toutefois commenté le Dr Andrew Freedman, de l’université de Cardiff, pas impliqué dans l’étude.

D’autres scientifiques sont en revanche plus prudents. « Le patient de Londres est-il vraiment guéri ? », s’est interrogée Sharon Lewin, de l’université de Melbourne. « Les données (…) sont bien entendu excitantes et encourageantes, mais au final, seul le temps nous le dira », a-t-elle noté, estimant qu’il faudrait « plus qu’une poignée de patients guéris du VIH » pour évaluer la « probabilité d’une reprise tardive et inattendue d’une réplication du virus ».

Le « patient de Londres » va d’ailleurs continuer à être testé régulièrement pour surveiller une possible réémergence du virus.

Près de 38 millions de personnes vivent avec le VIH dans le monde, mais seules 62% bénéficient d’une trithérapie. Près de 800.000 personnes sont mortes en 2018 d’affections liées au VIH. L’apparition de formes de VIH résistantes aux médicaments représente aussi une préoccupation croissante.


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Más de 100.000 personas forzadas a huir de Nicaragua tras dos años de crisis política y social

Andrea, solicitante de asilo de Nicaragua, y sus dos hijos jugando fuera de su nuevo hogar en Costa Rica. © ACNUR / Flavia Sanchez

El siguiente contenido corresponde a las declaraciones formuladas hoy por un portavoz de ACNUR en una rueda de prensa en el Palacio de las Naciones, en Ginebra.

Casi dos años después del comienzo de una seria crisis política y social en Nicaragua, más de 100.000 personas se han visto forzadas a huir y a buscar asilo a causa de la persecución y las violaciones de derechos humanos reportadas en el país.

A pesar del cese de la primera ola de violencia en el mes de abril de 2018, estudiantes, defensores y defensoras de derechos humanos, periodistas y agricultores nicaragüenses continúan huyendo de su país, con una media de 4.000 personas desplazadas al mes. Sin una resolución a la crisis interna a la vista, desde ACNUR, la Agencia de la ONU para los Refugiados, se estima que esta cifra seguirá aumentando.

La primera parada para la mayoría de las personas refugiadas nicaragüenses se encuentra en su país vecino, Costa Rica, que acoge a dos tercios del total de refugiados y solicitantes de asilo procedentes de Nicaragua, unas 77.000 personas. Alrededor de 8.000 personas han huido a Panamá y otras 9.000 a Europa, mientras que México acoge a 3.600 personas. Con 5.100 en otros países, en el mundo hay un total de 103.600 personas nicaragüenses refugiadas y solicitantes de asilo hasta la fecha.

Desde octubre de 2019, Costa Rica, con apoyo de ACNUR, ha agilizado el procedimiento para la determinación del estatuto de refugiado para aquellos perfiles comunes de las personas que se conoce que han sido perseguidas en Nicaragua, lo que está permitiendo reducir los tiempos para que estas personas sean reconocidas como refugiadas y se les garantice protección.

A través de un acuerdo con ACNUR, Costa Rica también ha permitido el acceso al sistema de salud pública a 6.000 de las personas solicitantes de asilo en mayor situación de vulnerabilidad, incluyendo a personas con discapacidades o enfermedades crónicas, aquellas que necesitan intervenciones quirúrgicas, supervivientes de tortura y personas que viven en condiciones de extrema pobreza.

Dentro del Marco Integral Regional para la Protección y Soluciones, conocido como MIRPS, y diseñado para dar respuesta a los retos planteados por los desplazamientos forzados dentro y desde América Central, ACNUR se coordina con las autoridades gubernamentales y otras agencias de la ONU para monitorear los movimientos transfronterizos y responder a las necesidades humanitarias y de protección de quienes huyen de Nicaragua. Esta medida también incluye asistencia sanitaria, apoyo psicológico, alojamiento y provisión de alimentos.

Para más información sobre este tema, por favor contacte con:

  • En México, Sibylla Brodzinsky, brodzins@unhcr.org, +52 55 8048 5054
  • En Panamá, William Spindler, spindler@unhcr.org, +507 6382 7815
  • En Panamá, Diana Diaz, diazdi@unhcr.org, +507 6646 3469
  • En Ginebra, Shabia Mantoo, mantoo@unhcr.org, +41 (22) 739 7138