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Thursday, February 13th, 2020

 

Le ministre de la Justice, un proche de Trump, s’en prend à ses tweets

Publié le 14.02.2020 à 01h50 par AFP

Soucieux d’apaiser la violente polémique qui secoue Washington, le ministre américain de la Justice Bill Barr a juré jeudi qu’il ne recevait d’ordre de personne mais a déploré que les tweets de Donald Trump rendent son travail « impossible ».

Sur la défensive depuis la révision à la baisse des recommandations de peine à l’encontre de Roger Stone, un ami du président, M. Barr, qui est régulièrement couvert d’éloges par le locataire de la Maison Blanche, a tenté dans un entretien accordé à la chaine ABC de reprendre la main.

« Je me félicite que le président ne m’ait jamais demandé d’intervenir en quoi que ce soit dans une affaire pénale », a-t-il affirmé.

« J’ai un problème avec certains des tweets », a-t-il ajouté, assurant que certaines prises de position du milliardaire républicain sur le célèbre réseau social compliquaient sa mission.

« Je pense qu’il est temps d’arrêter de tweeter sur les affaires dont le ministère de la Justice a la charge », a-t-il encore dit.

Les propos de M. Barr sur les tweets de @realDonaldTrump ont surpris tant il a multiplié, depuis sa nomination, les prises de position interprétées comme favorables au président.

Rapidement, la Maison Blanche a tenu à faire savoir qu’il n’existait aucun désaccord entre les deux hommes.

« Le président n’a pas été gêné du tout par ces commentaires et a le droit, comme tout autre citoyen américain, de partager publiquement ses opinions », a réagi Stephanie Grisham, porte-parole de la Maison Blanche.

M. Trump « utilise les réseaux sociaux de façon extrêmement efficace pour se battre pour les Américains contre les injustices dans notre pays », a-t-elle ajouté, précisant qu’il faisait pleinement confiance à Bill Barr pour « faire son travail et faire respecter la loi ».

– « Erreur judiciaire »-

Roger Stone, qui a conseillé Donald Trump avant et pendant sa campagne, a été reconnu coupable en novembre de mensonge au Congrès et de subornation de témoin dans le cadre de l’enquête sur l’ingérence russe dans l’élection américaine de 2016.

Les quatre procureurs chargés du dossier avaient initialement requis entre 7 et 9 ans de prison à son encontre mais le ministère les a déjugés en demandant une peine « bien moindre » au nom des « intérêts de la justice ».

Entre-temps, sans qu’il soit possible d’établir avec certitude un lien de cause à effet, Donald Trump avait dénoncé dans un tweet une « situation très injuste » et une « erreur judiciaire ».

Aaron Zelinsky, Jonathan Kravis, Adam Jed et Michael Marando, les quatre procureurs qui avaient requis les peines initiales, ont depuis signifié leur retrait de l’affaire Stone dans une motion transmise au juge.

L’opposition a immédiatement dénoncé une ingérence politique dans ce dossier judiciaire et a même évoqué un possible « abus de pouvoir ». La cheffe des démocrates au Congrès Nancy Pelosi a dénoncé une décision « scandaleuse » de l’administration Trump qui « affecte l’Etat de droit ».

Le ministère de la Justice a affirmé que sa décision avait été prise avant le tweet de Donald Trump.

La peine de Roger Stone doit être annoncée le 20 février par un juge fédéral.


Le Pentagone débloque 3,8 milliards de plus pour le mur de Trump

Publié le 13.02.2020 à 23h50 par AFP

Le Pentagone va renoncer à l’achat de plusieurs avions furtifs F-35 et de drones afin de débloquer 3,8 milliards de dollars supplémentaires pour le mur que le président Donald Trump veut ériger le long de la frontière avec le Mexique.

En réponse à une demande du département de la Sécurité intérieure (DHS), le ministre de la Défense Mark Esper « a décidé de construire 177 miles » (285 km) de mur près de San Diego, El Centro, Yuma, El Paso et Del Rio, a indiqué jeudi à la presse le responsable du Pentagone en charge du dossier, Bob Salesses.

M. Esper « a autorisé l’usage d’environ 3,8 milliards de dollars pour répondre à la demande du DHS », a-t-il ajouté.

Dans des documents remis plus tôt au Congrès, le Pentagone précise que ces fonds seront transférés à hauteur de 2,2 milliards de dollars des lignes de son budget 2020, allouées à l’achat d’équipements pour l’US Air Force et l’US Navy. Le reste provient des fonds initialement prévus aux opérations extérieures de l’armée américaine (Afghanistan, Syrie, Irak).

Cette nouvelle enveloppe porte à 9,9 milliards de dollars les fonds alloués depuis juillet par le ministère de la Défense au mur que Donald Trump a promis d’ériger à la frontière avec le Mexique pour lutter contre l’immigration illégale.

M. Trump a promis de construire un mur sur les 3.200 km de frontière entre les Etats-Unis et le Mexique, aux frais du Mexique, au cours de sa campagne électorale de 2016. Après sa victoire, il a demandé au Congrès de lui accorder un budget de quelque 25 milliards de dollars pour ce projet, mais les élus ont rejeté cette demande à plusieurs reprises.

Le budget du Pentagone, qui dépasse les 700 milliards de dollars par an, est alloué à des programmes strictement définis par les élus, sur proposition de l’exécutif. Mais le Pentagone dispose de quelque 6 milliards de dollars de fonds discrétionnaires, qui peuvent être reprogrammés à condition qu’ils soient consacrés à des programmes « urgents ».

– Le mur « prioritaire » –

Or M. Esper a jugé que la construction du mur était « prioritaire par rapport aux équipements auxquels ces fonds étaient destinés », a indiqué M. Salesses.

Parmi les équipements sacrifiés, les documents remis au Congrès mentionnent des avions furtifs F-35, des drones armés MQ-9 « Reaper », des avions cargo C-130J et des avions de reconnaissance maritime « Poseidon » P-8.

M. Salesses n’a pas exclu que, comme l’an dernier, le Pentagone utilise des fonds prévus pour la construction de bâtiments militaires (habitations, écoles, hangars etc.) pour financer encore davantage le mur frontalier.

« Je sais qu’il y a des discussions en cours, mais aucune décision n’a été prise », a-t-il dit.

Les réactions de l’opposition démocrate ne se sont pas fait attendre. « Le transfert annoncé aujourd’hui confirme une fois de plus que le président est obsédé par le respect d’une promesse de campagne, au dépens de notre sécurité nationale », a commenté le président de la commission des Forces armées de la Chambre des représentants, Adam Smith.

« Le président adore s’attribuer le mérite de la +reconstruction+ de l’armée américaine, mais le transfert d’aujourd’hui fait exactement le contraire: il va empêcher l’acquisition de navires, véhicules et avions cruciaux », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont fait face en 2019 à une recrudescence de passages clandestins depuis le Mexique, majoritairement des Centraméricains fuyant la violence et la misère dans leur pays. Cet afflux a entraîné une crise à la frontière avec des centres d’accueil surpeuplés et des conditions sanitaires déplorables.

La puissante association de défense des droits civiques ACLU a promis de tenter d’empêcher ces nouveaux transferts d’argent au tribunal.

« De multiples tribunaux ont décidé que Trump n’avait pas le droit de piller les fonds de la défense pour son mur frontalier xénophobe », a commenté un responsable de l’ACLU, Dror Ladin, dans un communiqué. « Nous retournerons devant les tribunaux pour bloquer ces transferts supplémentaires qui n’ont pas été autorisés ».


César: une fronde en trois actes

Publié le 13.02.2020 à 23h50 par AFP

Malaise au dîner des révélations, retour de la polémique Polanski et tribune au vitriol: la fronde visant la direction des César s’est développée en trois temps depuis le début de l’année.

– Acte 1: malaise au dîner –

13 janvier: les César organisent leur traditionnel dîner des révélations en lice pour les nominations des espoirs féminins et masculins.

La tradition veut qu’ils soient « parrainés » par des acteurs ou réalisateurs de premier plan. La Société des Réalisateurs de Films (SRF) s’indigne que l’Académie ait refusé deux marraines, la romancière Virginie Despentes et la réalisatrice Claire Denis, estimées par les organisateurs pas assez légitimes et médiatiques.

Le syndicat dénonce « des agissements opaques et discriminatoires indignes ».

Au cours de la soirée, plusieurs réalisateurs et acteurs, dont Michel Hazanavicius, Cédric Klapisch et Marina Foïs, relaient les protestations de la SRF, refusant « qu’il y ait des artistes désirables et indésirables ». L’Académie des César présente immédiatement des excuses.

– Acte 2: et Polanski revient –

Au Fouquet’s le 29 janvier, le président des César Alain Terzian dévoile les nommés pour la 45e cérémonie du 28 février: « J’accuse » de Roman Polanski, dont la sortie a été perturbée par une nouvelle accusation de viol contre le réalisateur, mène les nominations en course pour douze prix.

L’Académie « n’est pas une instance qui doit avoir des positions morales », souligne Alain Terzian. « Sauf erreur de ma part, 1,5 million de Français sont allés voir son film. Interrogez-les ».

Cela n’empêche pas la polémique de repartir de plus belle autour de Polanski, que le cinéma français est régulièrement accusé de trop protéger. Si le ministre de la Culture Franck Riester souligne que l’Académie « est libre de ses choix », sa collègue en charge de l’Egalité femmes-hommes Marlène Schiappa s’interroge sur « le message qui est envoyé ».

Des associations féministes ont depuis annoncé un rassemblement de protestation devant la salle Pleyel le jour de la cérémonie.

Le jour des nominations, et les suivants, Alain Terzian promet aussi des réformes de l’Académie. Il évoque une « modernisation essentielle », passant par l’ »ouverture » et « la parité ».

– Acte 3: la révolte des 400 –

Quelque 400 personnalités du cinéma français dont Omar Sy, Bertrand Tavernier, Céline Sciamma ou Agnès Jaoui signent une tribune le 10 février dans Le Monde pour réclamer une « réforme en profondeur » de l’Académie des César.

Ils se plaignent que les membres de l’Académie n’aient « aucune voix au chapitre, ni dans les fonctionnements de l’Académie et de l’association (qui la régit, ndlr), ni dans le déroulé de la cérémonie ». Ils dénoncent aussi des « dysfonctionnements », une « opacité des comptes » génératrice de fantasmes, et des statuts qui « n’ont pas évolué depuis très longtemps » et reposent encore et toujours sur « la cooptation », et jugent insuffisants les changements promis par son président Alain Terzian la veille dans le Journal du dimanche.

La crise, qui jusque-là couvait, explose au grand jour. Trois jours plus tard, la direction de l’Académie choisit la démission collective.


La Directrice générale du FMI attendue du 17 au 20 février au Maroc

Publié le 13.02.2020 à 23h18 par APA

La Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristina Georgieva, se rendra au Maroc pour une visite de quatre jours (17 au 20 février), la première du genre depuis sa nomination à la tête de cette institution financière.« La visite servira à discuter les préparatifs aux Assemblées annuelles du Groupe de la Banque Mondiale et du FMI prévues en octobre 2021, à Marrakech », a indiqué le directeur de la communication du FMI, Gerry Rice, lors d’un point de presse jeudi à Washington.

Ce déplacement est une opportunité, a-t-il indiqué, pour notamment « préparer la voie » à cette importante rencontre annuelle des deux institutions financières internationales.

La directrice générale du FMI aura des rencontres avec de hauts responsables marocains et prendra part également à une table ronde sur la gouvernance en présence de membres de la société civile et des jeunes, a ajouté M. Rice.

Le Maroc a été officiellement désigné en avril 2018 pour accueillir l’édition 2021 des Assemblées Annuelles du GBM et du FMI, au terme d’un long processus d’évaluation des candidatures déposés par 13 pays.


Maroc : 66% des femmes touchées par l’obésité (rapport de la Banque mondiale)

Publié le 13.02.2020 à 23h18 par APA

Au Maroc, 66% des femmes sont obèses ou en surpoids, selon le dernier rapport de la banque mondiale relatif à l’état de santé et l’hygiène de vie dans le monde.Chez les hommes, la hausse a été moins importante, soit 4% (7,20 à 11%). Le rapport de la Banque mondiale indique que dans la région Afrique du Nord et Moyen-Orient (Mena), le Koweït est le pays où le taux d’obésité et de surpoids chez les femmes est le plus élevé (77%).

Figurent ensuite le Qatar (75,3%), la Jordanie (74,2%), l’Arabie Saoudite (73,7%), la Libye (72%) et l’Egypte (71,3%). Quant à la Tunisie et l’Algérie, ils  ont des taux comparables au Maroc avec respectivement 67,8 et 68,1%. Djibouti enregistre le taux le plus faible avec 46,1% de femmes obèses et en surpoids.

Le rapport met en évidence la propagation croissante de l’obésité et ses conséquences négatives sur la santé et l’économie. La Banque mondiale insiste sur le fait que l’obésité touche l’ensemble des pays du globe, qu’ils soient riches, pauvres ou en développement. Depuis 1975, cette épidémie a triplé et les coûts qu’elle engendre parmi les pays les plus touchés ne cessent d’augmenter.

La Banque mondiale explique que les facteurs favorisant la progression de l’obésité sont en grande partie liés aux comportements humains et à l’environnement. A ce sujet, il y a lieu de citer un accès plus facile aux aliments ultra-transformés et sucrés, un recul de l’activité physique lié aux progrès technologiques au travail et à la maison, et une consommation plus importante d’aliments nocifs pour la santé, souvent consécutive à une augmentation de la richesse et des revenus.

La Banque mondiale estime que les maladies liées au surpoids et à l’obésité telles que le diabète, les maladies cardiaques et le cancer constituent les trois premières causes de mortalité dans toutes les régions du monde, sauf en Afrique subsaharienne.


Rabat : Tenue de la 1ère réunion du Comité mixte maroco-congolais de coopération énergétique

Publié le 13.02.2020 à 23h18 par APA

Le Maroc et la République du Congo-Brazzaville ont tenu, jeudi à Rabat, la première réunion du Comité mixte maroco-congolais de coopération énergétique sous la présidence des ministres de l’énergie des deux pays.Selon le ministre marocain de l’Énergie, des mines et de l’environnement, Aziz Rabbah, les deux pays sont déterminés à renforcer leurs relations de coopération dans le domaine de l’énergie, mettant en avant l’expérience du Maroc dans le développement de son propre modèle énergétique reposant essentiellement sur les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et l’intégration régionale.

À cet égard, M. Rabbah a fait part à la délégation ministérielle congolaise de la volonté de son département de partager son « expérience réussie » en matière d’électrification et de mise en place de systèmes de régulation électrique éolienne, évoquant également les avancées réalisées par le Maroc en matière de réformes institutionnelles relatives au secteur énergétique et de régularisation du marché des énergies.

« Le secteur de l’énergie en Afrique connait une forte demande internationale, a-t-il fait observer, plaidant, dans ce sens, en faveur du développement de la coopération entre les entreprises des deux pays pour saisir les opportunités d’investissement disponibles dans les deux pays, en proposant des solutions énergétiques optimales, créatives et efficientes.

Il a, par ailleurs, mis l’accent sur l’importance de valoriser le secteur miner africain et ce, dans l’optique d’attirer davantage d’investissements, estimant qu’il est temps de négocier l’installation des industries énergétiques en Afrique.

Pour sa part, le ministre congolais de l’Energie et de l’hydraulique, Serge Blaise Zoniaba a exprimé la ferme détermination de son pays à intensifier et diversifier ses relations de coopération avec le Maroc, en vue de traduire les objectifs des accords de coopération conclus dans le domaine de l’énergie en actions et projets concrets d’intérêt commun.

Dans ce cadre, il a exposé l’expérience de son pays en matière d’énergie, exprimant la volonté de son département de s’enrichir de l’expérience marocaine dans ce domaine et d’œuvrer conjointement pour rehausser le niveau de coopération énergétique entre les deux pays.


Réforme constitutionnelle: que faut-il craindre pour la Guinée ?

Publié le 13.02.2020 à 22h18 par APA

Malgré le grossissement de la mobilisation populaire contre son éventuel troisième mandat, le président guinéen Alpha Condé est plus que jamais motivé à aller au bout de ses idées… mais à quelles fins ?Il fut un temps où Alpha Condé, 81 ans, avait gagné le surnom de « Mandela de l’Afrique de l’ouest ». Libéré en 2001 après 28 mois passés en prison pour « atteinte à la sûreté de l’État », il est investi président de la République le 21 décembre 2010 à Conakry, en présence de 13 chefs d’État africains et de délégations gouvernementales d’autres continents.

Armé à l’époque d’une volonté d’unifier son pays, comme l’avait réussi sa référence sud-africaine avec le sien, il promettait « une ère nouvelle ». Mais le président du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) semble prendre une autre trajectoire.

C’est le clair-obscur dans son discours depuis plusieurs mois, à l’approche de la fin de son second mandat, se référant dernièrement à son « parti (RPG) qui décidera » de sa candidature ou non à l’élection présidentielle de 2020.

Les Législatives, prévues le 1er mars prochain, seront couplées avec le référendum constitutionnel que rejette le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). Par ailleurs, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) se dit « prêt » même s’il n’a « pas été consulté sur la question ».

 Inspiration

 Dans le même temps, ce mouvement populaire tient ses manifestations sporadiques depuis octobre 2019 dans le pays, protestant contre le projet de Condé et l’arrestation suivie de la condamnation de ses leaders.

Hier mercredi, les manifestants ont transformé la capitale Conakry « en quasi ville-morte », constate l’AFP. Ils ont reçu ensuite le soutien par vidéo du chef de file de la gauche radicale française, Jean-Luc Mélenchon, qui a estimé que la mobilisation en Guinée pouvait servir d’inspiration, y compris en France.

Elle inspire déjà des Guinéens installés partout dans le monde, comme au Sénégal où une manifestation du FNDC a enregistré une forte mobilisation en novembre dernier. Etudiant en Communication à Dakar, Mamadou Souaré pense tous les jours à son pays qui « risque d’être ingouvernable s’il (Condé) parvient à se maintenir au pouvoir ».

Pour M. Souaré, qui ne compte pas aller voter à cette « mascarade » d’élections, Alpha Condé « sera forcé de militariser le pays pour imposer l’ordre car il y aura tout le temps des soulèvements populaires surtout qu’il n’y a plus de confiance entre le peuple et le pouvoir ».

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Cette crise en Guinée, qui a causé des morts aussi bien chez les civils que les militaires, était pourtant « prévisible et évitable », d’après Gilles Yabi, analyste béninois des conflits politiques.

En novembre dernier, Amnesty International indiquait, dans un rapport, qu’au moins 70 manifestants et passants ont été tués et qu’il y a eu 109 morts en détention et des journalistes ciblés depuis janvier 2015. L’ONG internationale soulignait ainsi que les droits humains étaient « au rouge » pour ce pays ouest-africain à l’approche de la présidentielle.

« On est dans une situation qui a été provoquée par l’intention de changer de Constitution sans qu’on ne comprenne les arguments qui pourraient justifier cela, en dehors d’une volonté prêtée au président Alpha Condé de rester au pouvoir », alors que son second mandat termine dans moins de dix mois, analysait pour APA l’ancien journaliste de Jeune Afrique, M. Yabi.

« Alpha perd le nord »

Mais « c’est à croire que le président guinéen a perdu le nord », estime le site guinéen A Nous La Guinée, ajoutant que « si Condé persiste dans sa volonté de briguer le mandat de trop, il portera l’entière responsabilité des conséquences devant l’Histoire ».

Dix ans après qu’il se voyait en « Mandela de l’Afrique de l’ouest », Alpha Condé semble prendre une voie différente de celle du père de la nation arc-en-ciel qui, à sa sortie de prison en février 1990, n’a fait qu’un seul mandat (1994-1999). Pour cela, il reste à jamais un héros dans le cœur des Sud-Africains.

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A l’opposé du Sénégal en 2011, du Burkina Faso en 2014 ou du Soudan en 2019, le président Condé espère avoir le dernier mot sur une frange de son peuple qui ne souhaite pas le voir modifier la Constitution à son profit.


Guinée: Alpha Condé, le mandat de la discorde

Publié le 13.02.2020 à 22h18 par APA

L’éventualité d’un troisième mandat pour le président guinéen, Alpha Condé, peut vraisemblablement enliser ce pays dans une crise politique aiguë.Le leader du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), élu président de la République en 2010 avec 52,52 % des suffrages valablement exprimés, arrive au terme de son second mandat. Et selon la Constitution en vigueur, nul ne peut faire plus de deux mandats consécutifs.

De ce fait, le projet de changement de la Constitution porté par le chef de l’Etat guinéen passe mal auprès de certains de ses concitoyens pour qui, c’est un énième stratagème pour rester au pouvoir.

Au cours d’un entretien accordé à France 24 et Radio France Internationale (RFI), en marge du 33e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA) tenu les 9 et 10 février 2020 à Addis-Abeba (Ethiopie), Alpha Condé a indiqué que « la Constitution n’a rien à voir avec l’élection présidentielle ».

Il a fait savoir que son seul but est de doter la Guinée d’une loi fondamentale « répondant à ses besoins présents » puisque « l’actuelle Constitution, rédigée par un groupe de personnes pour leurs propres intérêts, a été bâclée ».

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Condé, en fin communicant, a esquivé la question sur sa participation au prochain scrutin présidentiel. « C’est le parti qui décidera. Le RPG est libre de présenter un autre candidat. Pour le moment, ce n’est pas mon souci », a-t-il déclaré.

En outre, le chef de l’Etat guinéen a lâché une phrase ambiguë : « On trouve normal que des présidents fassent quatre ou cinq mandats. Mais quand c’est la Guinée, ça devient un scandale ».

Selon Ibrahima Sanoh, enseignant-chercheur guinéen, « on ne reconnaît plus Alpha Condé qui pourtant avait lutté contre les pouvoirs autoritaires en Afrique. Il est dans une sorte de déchéance ».

De son côté, Cellou Dalein Diallo, le président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG, opposition) n’a pas manqué de commenter, sur son compte Twitter, la déclaration de Condé.

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« (Il) n’a fait que confirmer ce que les Guinéens savent et refusent : son référendum truqué qui doit lui permettre de changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Rien de nouveau ! Mais nous empêcherons cette prise d’otage illégale du pays », a-t-il promis.

Sur le même réseau social, Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de la France insoumise (parti politique de la gauche radicale), a apporté son soutien au Front National de Défense de la Constitution (FNDC) de la Guinée qui, selon lui, « est une création d’un type qui pourrait inspirer d’autres peuples et nous, en particulier, les Français, dans notre volonté de récupération de la souveraineté populaire ».

Ce mouvement a appelé, hier mercredi, les Guinéens à une « journée de résistance citoyenne active et permanente » afin que le projet de nouvelle Constitution soit abandonné.

Quant à l’opposition, elle avance en rangs dispersés à l’approche des deux élections (législatif et référendum sur une nouvelle Constitution) prévues le 1er mars 2020. Certains partis ont déjà décidé de boycotter ces consultations électorales car le fichier électoral ne serait pas « fiable ».


A Conakry, les élections du 1er mars ravivent la tension

Publié le 13.02.2020 à 22h18 par APA

A Conakry, les législatives couplées avec le référendum du 1er mars 2020, sont le principal sujet de discussion dans les café-bars, les marchés ou autres lieux de rencontre.Dans la capitale, plane une atmosphère de suspicion. Certains citoyens sont persuadés que, derrière le changement annoncé de la loi fondamentale du pays, se cache un désir du président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Ce que ne lui permet pas la Constitution en vigueur.

Pour faire entendre leur voix, des Guinéens manifestent régulièrement à l’appel du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) qui réunit l’opposition et la société civile. Et l’économie en pâtit. « Quand il y a une mobilisation, on ne peut pas travailler. Nous sommes obligés de fermer », regrette Mabinty Camara, gérante d’un salon de coiffure situé à Sonfonia-gare, un quartier de la banlieue de Conakry.

Sans langue de bois, cette dame se désole de la situation politique qui prévaut dans son pays : « Nous sommes fatigués. Quand on parle d’élections en Guinée, on note toujours des manifestations causant des morts. Il faut que cela cesse ».

A quelques encablures, Ibrahima Bangoura, un chauffeur de taxi maraude. Mais il s’arrête un moment pour se prononcer sur la crise politique que traverse sa Guinée natale.

« Il faut que les opposants se ressaisissent. La plupart d’entre eux étaient dans le gouvernement lorsque le président Lansana Conté modifiait la Constitution pour s’offrir un troisième mandat. Ils l’ont soutenu. Aujourd’hui, ils sont mal placés pour dire non à Alpha Condé. Je le soutiens depuis 1990 et tant qu’il est là, je vais l’accompagner », promet-il.

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En marge du 33e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africaine (UA) tenu les 09 et 10 février 2020 à Addis-Abeba (Ethiopie), le président Alpha Condé n’a pas mis fin au débat sur son éventuel troisième mandat. Au contraire, il a donné du grain à moudre à ses détracteurs.

« Condé n’aime et ne supporte personne. Tout ce qu’il fait, c’est pour lui. Son seul objectif est de mourir au pouvoir. Et il est prêt à sacrifier tout le monde », fustige le député Saïkou Yaya Barry, vice-président de l’Union des Forces Républicaines (UFR, opposition).

Poursuivant, M. Barry considère que Condé « est un dictateur qui veut laisser la Guinée en lambeaux avant de mourir » et que personne n’osera lui tenir tête au sein du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG, parti au pouvoir).

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A en croire Souleymane Keïta, chargé de mission à la présidence de la République, il y a de nombreuses « incohérences » dans l’actuelle Constitution qui favorisent « des interprétations tendancieuses ».

Pour ce membre du RPG, il est donc primordial de « doter la Guinée d’une Constitution claire » et le président Alpha Condé a le droit de convoquer le corps électoral pour qu’il se prononce sur cette question.

En tout cas, depuis octobre 2019, le Front National de Défense de la Constitution (FNDC) monte au front sur toute l’étendue du territoire national.

Ce mouvement, regroupant des partis politiques et des organisations de la société civile, menace d’empêcher la tenue des législatives et du référendum. D’ailleurs, des opposants ont déchiré et brulé des listes électorales dans les localités où ils sont maîtres.


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