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Rapport de Human Rights Watch sur le Mali : LA PROCUREURE DE LA CPI ANNONCE L’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE

Fatou Bensouda et Me Mamadou Ismael Konaté ont co-animé une conférence de presse

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a annoncé, mercredi à Bamako, l’ouverture d’une enquête suite à la publication d’un récent rapport de l’ONG Human Rights Watch accusant les Forces armées maliennes (FAMA) de graves violations de droits de l’homme et faisant, surtout, cas de l’existence de fosses communes au centre du Mali.
«Une enquête a déjà été ouverte par la CPI afin d’éclairer les zones d’ombre», a indiqué Mme Bensouda dans une conférence de presse conjointe avec le ministre malien de la Justice, Me Mamadou Ismael Konaté, sanctionnant une visite de deux jours au Mali.
Elle a précisé qu’après la publication du rapport de Human Rights Watch sur le Mali, elle a été invitée par le gouvernement à venir constater s’il y a eu réellement des cas de violation des droits de l’Homme.
Par ailleurs, Fatou Bensouda dira que, même si Ahmad Al Faqi Al Mahdi est le premier jihadiste malien à être jugé par la CPI, la Cour poursuivra son enquête et espère que ce cas ne sera pas le dernier, car tôt ou tard d’autres terroristes devront répondre de leurs crimes.
Par rapport aux soldats maliens assassinés, en 2012 à Aguelhok, la procureure de la CPI a souligné que ce sont des allégations très sérieuses et que la CPI, dans le cadre des enquêtes, s’intéresse à toutes les parties impliquées dans le conflit.
«La Cour pénale internationale est une institution chargée de promouvoir le droit international et son mandat est de juger les individus ayant commis un génocide, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité», a-t-elle rappelé.
Concernant la situation des droits de l’Homme dans notre pays, la procureure de la CPI a répété qu’une enquête est en cours pour faire jaillir la lumière.
Pour sa part, le ministre de la Justice affirmera que notre pays et la CPI entretiennent depuis belle lurette une coopération exemplaire.
«La CPI est saisie officiellement et elle a ouvert un examen préliminaire sur les évènements qui ont eu lieu dans le Nord du Mali. Les organisations de défense des droits de l’Homme ont été amenées, quelquefois, à mettre en cause le comportement de nos Forces de défense et de sécurité sur le théâtre des opérations, de sorte qu’il leur a été reproché la violation des droits fondamentaux de l’Homme», a-t-il indiqué, ajoutant qu’il est important que la procureure Fatou Bensouda rencontre la hiérarchie militaire pour savoir ce qui se fait sur le terrain. Le Garde des Sceaux soulignera que l’objet de cette visite «est de renforcer nos liens de coopération avec la CPI, de voir les actions réciproques que les deux parties sont amenées à effectuer sur le terrain et, enfin, d’échanger des informations qui leur permettront de mieux s’engager contre le terrorisme, afin de restaurer l’Etat de droit».
Me Konaté a rappelé aussi que le gouvernement, à travers le ministre des Droits de l’homme et de la Réforme de l’Etat, a effectué une visite dans la zone indiquée dans le rapport de l’organisation Human Rights Watch.
« Après avoir effectué une tournée dans les différentes localités indiquées, il n’a pas trouvé de charniers. Il reste dans l’attente et à l’écoute de cette organisation pour lui donner des indications plus précises… Notre pays a sollicité la CPI qui a répondu favorablement déjà en ce qui concerne l’affaire d’Ahmad Al Faqi Al Mahdi . L’Etat de droit nous exige aujourd’hui d’être présent pour distribuer la justice partout au Mali. Le crime commis à Bamako a une résonnance à Dakar, Ouagadougou et même dans le monde», a déclaré Me Mamadou Ismael Konaté.
Enfin, le ministre Konaté et la procureure Fatou Bensouda ont réaffirmé leur ferme engagement à œuvrer pour une meilleure justice.

Mamadou SY