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Saturday, July 25th, 2020

 

La situation épidémiologique et l’aide publique au menu des quotidiens marocains

Publié le 25.07.2020 à 14h18 par APA

Les quotidiens marocains parus ce samedi consacrent de larges commentaires à la situation épidémiologique au Maroc et à l’aide publique destinée à réduire l’impact de la Covid-19.+L’Economiste+ se fait l’écho d’un communiqué du ministère de l’Intérieur qui appelle au respect des mesures de prévention contre la Covid-19 notamment le port du masque.

«Tout contrevenant sera soumis à une amende allant de 300 à 1.300 DH », précise le communiqué, qui intervient suite à une recrudescence de cas positifs.

+Le Matin+ cite une déclaration ministre de la Santé, Khalid Ait Taleb qui a affirmé qu’aucune mutation génétique n’explique l’augmentation des cas graves et les décès liés au coronavirus (Covid-19) enregistrés dans certaines villes du Royaume, notamment à Tanger.

« La situation épidémiologique au Maroc ne diffère aucunement de la situation à l’échelle internationale. Certes, nous avons des taux et des indicateurs qui sont très intéressants et encourageants, néanmoins nous avons constaté ces derniers temps l’apparition de cas graves et un nombre de décès en hausse à Tanger par rapport à d’autres villes comme Fès, Casablanca et Marrakech », a-t-il expliqué.

Il a, dans ce sens, souligné que « le génome de souches du coronavirus détecté au Maroc n’a connu aucune mutation puisque c’est la souche qui existait et qui circulait depuis le début de l’apparition de la pandémie et que nous retrouvons même chez les personnes asymptomatiques ».

+Aujourd’hui le Maroc+ rapporte que l’aide publique a permis de compenser, en moyenne, 35% de perte de revenus issus d’activités.

Selon le Haut commissariat au Plan (HCP), cette proportion est plus importante dans les villes qu’à la campagne avec respectivement 63% et 28%. Par secteur, la part de compensation des pertes de revenus est de 17% dans les services, 47% l’industrie, 57% le commerce, 77% l’agriculture et 91% le BTP.

Elle varie, selon le statut professionnel, de 27% parmi les salariés à 78% parmi les indépendants/ employeurs.

+Al Ittihad Al Ichtiraki+ informe que le Conseil de gouvernement a décidé de faire don du 1/5ème des salaires, du mois d’août jusqu’à la fin de l’année en cours, de l’ensemble des membres du gouvernement au profit du Fonds spécial pour la gestion de la pandémie du nouveau coronavirus (covid-19).

Cette décision consacre l’esprit de solidarité dont a fait preuve toute la société marocaine sous la conduite éclairée du Roi Mohammed VI, a souligné le ministre délégué chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Driss Ouaouicha, lors d’un point de presse tenu à l’issue du Conseil.

Ce don, poursuit-il, constitue également une contribution de la part des membres du gouvernement aux efforts consentis pour faire face à cette pandémie qui nécessite davantage de mobilisation et d’engagement, en vue d’atténuer ses répercussions économiques et sociales.


Maroc/Marché des carburants: Les délibérations toujours en cours au sujet de la saisine sur l’existence de pratiques anti-concurrentielles (Conseil)

Publié le 25.07.2020 à 14h18 par APA

Le Conseil de la Concurrence informe que ses délibérations sont toujours en cours au sujet la saisine relative à l’existence d’éventuelles pratiques restrictives à la concurrence libre et loyale dans le marché des carburants liquides.« Dans le cadre de la saisine relative à l’existence d’éventuelles pratiques restrictives à la concurrence libre et loyale dans le marché des carburants liquides, et en application des dispositions de la loi n° 20.13 relative au Conseil de la Concurrence, et de la loi 104.12 relative à la liberté des prix et de la Concurrence, le Conseil de la Concurrence informe que ses délibérations sont toujours en cours à la date de la publication du présent communiqué », indique un communiqué dudit Conseil, parvenu samedi à APA.

Le Conseil de la concurrence s’engage à communiquer « aux différentes parties concernées ainsi qu’à l’opinion publique nationale, la décision concernant la saisine précitée, dès le parachèvement des dispositifs procéduraux prévus par la loi », assure la même source.

Tout en s’en prenant à des supports médiatiques qui ont diffusé, vendredi, des informations sur une amende à infliger aux sociétés pétrolières, le Conseil a affirmé qu’il « dégage toute responsabilité concernant les informations relatées par certains organes de presse relatives aux sanctions infligées aux sociétés pétrolières concernées par la saisine précitée ».

Dans ce sens, le Conseil de la Concurrence rappelle qu’il est le seul habilité à communiquer officiellement sur les décisions adoptées par ses instances de délibération.

Accusées de pratiques anticoncurrentielles, les sociétés de distribution de carburant sont sur la sellette depuis plusieurs mois. Elles sont accusées par les initiateurs de la saisine, à savoir la Confédération démocratique du Travail (CDT) et l’Union des Syndicats professionnels du secteur du transport au Maroc, d’entente sur les prix et de partage d’informations sensibles.

La séance d’écoute à laquelle ont été convoqués les pétroliers s’est ouverte le 21 juillet courant. Durant cette séance à huis clos et étalée sur deux jours, les pétroliers ont présenté leurs arguments et défendu leur position devant les instances compétentes du Conseil de la Concurrence.

Les séances ne sont pas accessibles au public et seules les parties en cause et le commissaire du gouvernement peuvent y assister.

Une fois la décision est prise par le Conseil de la Concurrence, les parties concernées ont le droit d’interjeter appel dans un délai de 30 jours.


Société, coronavirus et Mali au menu de la presse sénégalaise

Publié le 25.07.2020 à 13h18 par APA

Les quotidiens sénégalais parvenus samedi à APA abordent principalement les préparatifs de la fête de l’Eid el Kébir, la propagation inquiétante de la pandémie de Covid-19 et la crise sociopolitique au Mali.Vox Populi informe que « l’oignon et la pomme de terre (sont) hors de portée » à six jours de la Tabaski. Les prix qui s’établissent à 500 et 600 francs CFA, sont passés « du simple au double ».

Mais au-delà de cette conjoncture, le ministre de la Santé Abdoulaye Diouf Sarr fait son vœu dans L’AS : « Que chaque Sénégalais fête la Tabaski là où il est ».

Cet appel vise à limiter la propagation du nouveau coronavirus selon Le Quotidien qui parait aujourd’hui sous le titre : « Diouf Sarr confine les Sénégalais ». Selon le ministre, la pandémie est « en train de faire un yoyo ».

Sa propagation est « inquiétante », d’après Libération qui rapporte que 301 nouveaux cas ont été enregistrés dans les dernières 48 heures. Quatre nouveaux décès portent par ailleurs le bilan macabre du virus à 182 morts.

Pendant ce temps, les cas graves admis en réanimation sont passés de 39 à 49, souligne L’AS là où le quotidien national Le Soleil recense près de 3000 patients sous traitement.

Directeur des Opérations d’urgences sanitaires (Cous) au ministère de la Santé, Dr Abdoulaye Bousso demande dans Vox Populi « qu’on évite de faire de la cotisation s’il y a une épidémie ».

Sur un autre sujet, EnQuête indique que l’impasse sociopolitique au Mali est « une poudrière aux portes du Sénégal ». L’Etat malien est « au bord de l’effondrement, car presque aucune institution ne marche plus », justifie le journal dans lequel un docteur en Sciences politiques estime qu’il « faudrait arriver à faire comprendre à IBK qu’il est devenu un facteur bloquant ».

En revanche, Le Soleil souligne que « la France salue la médiation ouest-africaine » avec cinq chefs d’Etat de la Cedeao qui se sont rendus jeudi à Bamako.

Dans Les Echos, Alioune Tine, militant des droits humains, dit « pourquoi (il était) dans la délégation du président Macky Sall au Mali » pour la médiation entre le pouvoir d’Ibrahim Boubacar Keita et le M5 de l’imam Mahmoud Dicko.  « J’ai collaboré sérieusement avec le chef de l’Etat sur ce dossier. Je fais de l’alerte au niveau du président de la République depuis longtemps », déclare l’ancien directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre.

Le Soleil traite également du foncier et interroge le président de la Commission nationale du dialogue des territoires (CNDT), Benoit Sambou. Ce dernier estime que « la contractualisation est la solution ».

L’Observateur aborde les conséquences d’une situation financière « catastrophique » de la Société africaine de raffinage (SAR) qui est « à l’arrêt ». Le journal estime que la Senelec est à « moins d’une semaine de réserves » et seuls « 120 mégawatts sauvent Dakar du noir » pour le moment.

En football, Le Soleil informe que « Kalidou Koulibaly chauffe le mercato ». Parlant de son avenir dans Record, le défenseur sénégalais de Naples note qu’il ne peut « pas faire de promesse ».

Ce journal rapporte également que Watford d’Ismaila Sarr est obligé de réaliser « l’exploit » cet après-midi devant Arsenal pour éviter l’alternative du « purgatoire ».

Pendant ce temps, le milieu sénégalais du Paris Saint-Germain, Idrissa Gana Guèye, a remporté la Coupe de France, son deuxième trophée de la saison après le championnat de la Ligue 1. Il « succède » ainsi à Mbaye Niang et Edouard Mendy, joueurs de Rennes.

Toutefois avec le PSG, Guèye fonde une « inquiétude pour Mbappé », le jeune prodige français sorti hier sur blessure à moins de trois semaines du quart de finale de la Ligue des champions face aux surprenants italiens de l’Atalanta Bergame.


Two taxi drivers gunned down by unknown gun men in south Africa

Written by Angella Semu

Two taxi drivers gunned down by unknown gun men in south Africa

At least two taxi drivers have been confirmed dead following a random shooting by unknown gun men in Marabastad.

Captain Mavela Masondo confirmed the incident on Saturday July 25.

Masondo revealed that two driver were confirmed dead at the scene and the other two were transfered to hospital after sustaining life threatening wounds.

The Daily Sun report revealed that the four victims were sitting in a taxi when unknown men randomly started shooting at them.

Police said the motive for the shooting is still unknown and that they have open investigations into the case.

South African National Taxi Council (SANTACO) spokesperson MacDonald Makata has condemned the attacks.

He has also asked anyone with reliable information that will led to the capture of the culprits to call the nearest police station.

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Let’s call it witch hunt because APM was really bewitched

APM’s bodyguard Norman Chisale became a billionaire soon after entering the state house

As our struggle for better Malawi continues, the former ruling Democratic Progressive Party (DPP) officials are finding it harder to keep the secrets about the plunder and looting of public resources that characterized the Peter Mutharika led administration.

The struggle has now culminated into what we can call an economic apocalypse in Malawi. For many religious people, the word apocalypse is often used to refer to the end of the world. This is not the type of apocalypse I am referring to. The word apocalypse comes from the Greek word meaning “lifting of the veil.” It is a term applied to the disclosure of something hidden from the majority of humankind. Simply said, apocalypse means “secrets are being revealed.”

Forcefully, former President Bingu Wa Mutharika (may his soul rest in peace) challenged donors in his pursuit of policies he thought were a long term solution to Malawi’s problems. He championed policies and initiatives like the Farm Input Subsidy Programme (FISP) and free ARVs for HIV/AIDS patients. In the eyes of donors, this was a nonstarter but Bingu stood to his ground and implemented them. Perhaps he knew that Malawi can survive without donor money as that money has been going into politicians’ pockets while Malawians scramble for the few resources available in the country.

However, the visionary leader in Bingu was not maintained, and at the time of his demise, his presidency was widely criticized both at home and abroad. He performed extremely well in his first term but goofed big time in second term. The question is why? My immediate answer is that in second term he surrounded himself with ‘witches.’ He was bewitched so much that he started betraying his conscience. And the coming in of Calista Chimombo as the first lady was just an evidence for the weakness of women, and their capacity to be “seduced” by Satan, as it is grounded in the story of Eve in the Garden of Eden. Surely, referring to Calista as a former first lady is not only a misnomer but also an insult to Malawians who witnessed in pain the transformation of Bingu from good to worse immediately after marrying her.

Bingu WA Mutharika
Late Bingu Wa Mutharika: is remembered for performing extremely well during his first term

Enough of the legend Bingu! After all he is dead, and it’s foolhardy to attribute our misery to our ancestors. We are alive for a purpose: to correct what went wrong and to perk up the goodies.

While the witches spared Bingu in his first term, his brother Arthur Peter Mutharika (APM) was bewitched from the word go. Revelations of plunder and looting of public resources that took place under APM’s watch have left many, if not all, Malawians dumbfounded.  For the first time in the history of Malawi, we have a bodyguard to the President who is stinking rich. It appears the wealth Norman Chisale has accumulated within six years is far beyond any DPP official’s reach. He must thank the charm he used to kill the real ‘Americano’ in APM.

Now, those who have been saying APM anayikidwa m’botolo can say it again and again if the press statement from the former president released on Friday is anything to go by.

For starters, revelations have it that Malawi Revenue Authority (MRA) gave Mutharika the clearance to make the duty-free cement importations in three tranches, each of the consignment valued at $2.240 million bringing the total cost of the three consignments to $6.720 million (about K5.040 billion). It is further alleged that MRA officials and other top DPP gurus used Mutharikas TPN to import different duty-free goods into the country.

His bodyguard Norman Chisale, MRA boss Rosa Mbilizi and Inidan businessperson have already been linked to the nasty deal.

It is quite strange to hear that the former leader does not know anything concerning the cement importation saga.

 “Accordingly, the former President did not, as he could not, request the Malawi Revenue Authority to invoke any of his privileges to clear the alleged consignment of cement duty- free,” Mutharika said in statement released by his personal secretary Linda Salanjira on Friday.

With such statements, Malawians must be worried. To say he was sleeping on duty is more polite to such a reckless president. But for the lack of proper description let me just join the bandwagon, APM anayikidwa m’botolo; and impeccable sources indicate that no one—the DPP top gurus, strategists inclusive—could meet APM in the absence of Norman Chisale and Getrude Mutharika. It was only late Chief Ngolongoliwa who could demand the absence of the two.

Former Malawi President Peter Mutharika

APM was really under the influence of roots. How could a bodyguard swim in such unspeakable wealth without him raising a concern? How a little-known trader Shafee Ahmed Chunara could ensnare him? How Rosa Mbilizi could find the opportunity to enjoy the privileges of the president by importing duty-free goods? How could his DPP officials establish a filling station at Escom without his knowledge? It is very unfortunate, and a clear demonstration that Malawi has been on autopilot the past six years. No wonder good-for-nothing Charles Mchacha also found room to wild powers not befitting his foggy brain intoxicated with nasty politics.

But like the Bingu’s scenario, women are also behind APM’s gross incompetence. As I’m writing, three beautiful ladies are answering charges in connection with dubious deals that were being done using the president’s name. Thus, I’m safe to ascertain that women are more prone to the temptations of Satan and thus more likely to be witches. Our own Professor of Law was really bewitched and it is the incredible responsibility of the incumbent Lazarus Chakwera and his deputy Saulos Chilima to hunt for the witches before they too fall victim to the occult.  

Arresting state looters and plunders is not a witch hunt as per the leader of opposition Kondwani Nankhumwa’s definition of it. DPP has no moral ground to label the Tonse Alliance government as the inquisitor and persecutor of innocent individuals. In fact, they have to pay Chakwera and Chilima for cleansing their party by getting rid of witches, a service which could call for a great Dibia beyond the borders.

The views and opinions expressed in this article are those of the author and do not necessarily reflect the official position of the MaraviPost

Feeedback: mchimulala@gmail.com

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Former Malawi President’s mouthpiece Mgeme Kalirani lied to the nation on cement importation saga

Former Presidential Press Secretary and Spokesperson, Mgeme Kalilani justified the cement importation

BLNTYRE-(MaraviPost)—Former President Peter Mutharika has contradicted with former presidential press secretary, Mgeme Kalirani, on cement importation saga that has seen some individuals connected to the former ruling Democratic Progressive Party (DPP) including Mutharika’s bodyguard Norman Chisale spending nights in police cells.

Mutharika was initially reported to have imported about 400 000 bags of cement worth K3.2 billion duty-free from Zambia and Zimbabwe between 2018 and 2019 despite promoting Buy Malawian campaign and the local industry having production capacity.

While State House and Malawi Revenue Authority (MRA) had justified the transaction as “within the law”, private practice lawyer John-Gift Mwakhwawa said the volume involved raised doubts on the “personal use” provision in the Presidents (Salaries and Benefits) Act and had called for an investigation.

Written correspondence between State Residences and MRA indicate that through director general of State Residences Peter Mukhito, Mutharika asked the public tax collector to facilitate clearance of the cement duty-free.

Presidential press secretary Mgeme Kalilani on June 16 told the local media that the President was within the law, saying: “The goods were imported under the Presidents (Salaries and Benefits) Act chapter 2 sub-section 2 part 7 of the schedule. Under this law, the President is entitled to import goods for personal use duty-free.”

But as the cement importation saga, which is now pegged at K5 billion,  continues to attract public interest, ex-President Mutharika on Friday spoke on the matter saying, he neither bought nor instructed anyone to buy or import the cement in question.

“Accordingly, the former President did not, as he could not, request the Malawi Revenue Authority to invoke any of his privileges to clear the alleged consignment of cement duty- free,” Mutharika said in statement released by his personal secretary Linda Salanjira.

“Further, the former President was never at any point undertaking any construction project (s) requiring such substantial volumes of cement. In any event, the former President does not operate any business to sell cement on retail or wholesale.

“For the avoidance of doubt, the former President did not have any dealings with the alleged cement traders either personally or through a third party,” reads the statement futher.

Mutharika’s reaction is in sharp contrast with what Kalirani told the nation.

However, Mutharika’s failure to immediately correct Kalirani at that time is also worth debating. One would conclude that Mutharika could not distance himself from the scandal if DPP was still in power.

Meanwhile, Malawi Police have arrested the controversial Deputy Commissioner General of Malawi Revenue Authority (MRA), Roza Mbilizi, Mutharika’s bodyguard Norman Chisale and Indian businessperson Shafee Ahmed Chunara in connection with the importation of duty free cement and other illegal deals at the tax collecting body.

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Crise malienne: «le sort d’une partie de l’Afrique de l’Ouest se joue» (analyste)

Publié le 25.07.2020 à 07h18 par APA

Ibrahim Maïga, chercheur à l’Institut d’études de sécurité (ISS), décrypte la situation sociopolitique au Mali après la tentative de médiation de cinq chefs d’État ouest-africains.Pourquoi cette visite ?

L’objectif principal était d’aboutir à une issue consensuelle de sortie de crise pour éviter au Mali le scénario d’un vide constitutionnel avec des conséquences dramatiques pour toute l’Afrique de l’Ouest. Mais il faut rappeler que cette visite de cinq présidents ouest-africains (la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Niger, le Nigeria et le Sénégal) s’inscrivait dans le prolongement de la mission menée une semaine plus tôt par l’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, qui n’avait pas permis de trouver une solution à la crise politique qui secoue le Mali depuis le 5 juin 2020. Celle-ci avait formulé un certain nombre de recommandations dont la recomposition de la Cour constitutionnelle, la résolution du litige concernant les 31 sièges contestés à l’Assemblée nationale et la répartition du pouvoir à travers la formation d’un gouvernement d’union nationale sur la base de pourcentages établis. Ces propositions ont été rejetées par le M5-RFP, qui les juge contraires à la Constitution malienne et reproche à l’organisation sous-régionale un parti pris en faveur du président Ibrahim Boubacar Keïta. Néanmoins, étant donné la tension palpable dans le pays et au regard de l’échec des multiples tentatives internes de médiation, l’intervention de la Cedeao apparait comme nécessaire. Et bien qu’un consensus entre les différents protagonistes n’ait pas encore été trouvé, les missions successives ont permis de contribuer à faire baisser la tension dans la capitale malienne.

Que faut-il attendre du sommet extraordinaire ?

Les chefs d’État qui ont fait le déplacement à Bamako, jeudi dernier, ont insisté à de nombreuses reprises sur ce qu’ils considèrent comme étant la ligne rouge : la démission du président Keïta. En dehors de ce point, tout semble discutable dans le cadre des négociations entre la Cedeao et le M5-RFP. Les évènements qui ont eu lieu le week-end du 10 juillet et les pertes en vies humaines (11 morts selon un bilan officiel) ont radicalisé le mouvement de contestation. Il sera donc extrêmement difficile de tourner la page sans faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles ces individus ont perdu la vie et sans situer les responsabilités. Cependant, la situation n’est pas totalement irréversible. Les prochains jours risquent d’être décisifs pour obtenir des concessions importantes. La Cedeao pourrait par exemple obtenir du président Keïta la démission de son Premier ministre et la nomination d’un nouveau aux pouvoirs élargis en accord avec le M5-RFP. Il faut aussi que la recherche de solutions prenne en compte le besoin d’amélioration du quotidien des Maliennes et des Maliens, ainsi que la nécessité d’instaurer un nouveau contrat social. La Cedeao peut encore formuler des recommandations qui permettent de poser les bases d’un processus politique fondé sur une feuille de route qui rendrait irréversible la mise en œuvre de profondes et indispensables réformes de gouvernance pour éviter au Mali et à la région un nouvel épisode d’incertitudes.

En cas d’échec, quels sont les risques pour la situation politique actuelle ?

Les évènements de ces dernières semaines à Bamako ont fait perdre de vue la situation extrêmement préoccupante du reste du pays, notamment dans le centre et le nord où les massacres des populations civiles et les attaques contre les forces de défense continuent d’être perpétrés. Tous les voyants semblent être au rouge et une instabilité politique prolongée à Bamako risque d’entrainer le pays dans une situation hors de contrôle. Il faut que les acteurs acceptent de négocier ce tournant qui fera date dans l’histoire du pays peu importe l’issue. Ce n’est pas uniquement le sort du Mali qui se joue mais aussi celui d’une partie de l’Afrique de l’Ouest.