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Thursday, January 2nd, 2020

 

Côte d’Ivoire: les accidents de la circulation font 24 907 victimes dont 537 morts en 2019 (Pompiers)

Publié le 03.01.2020 à 01h18 par APA

Les accidents de la circulation ont fait vingt-quatre-mille-neuf-cent-sept victimes dont cinq cent trente-sept morts en 2019 en Côte d’Ivoire, a annoncé mercredi le Groupement des sapeurs-pompiers militaires (GSPM) dans une note-bilan de leurs interventions au cours de l’année écoulée.« Les accidents de la circulation ont enregistré à eux seuls 24.907 victimes, soit 86,82%  des victimes de l’année, dont 21 134 transportés, 3 236 non évacués et 537 décédés. 23 personnes sont décédées suite à des incendies et 212 à l’occasion de malaises ou maladies », indiquent les pompiers soulignant avoir enregistré au total 23 010 interventions en 2019 en hausse de 15,23% par rapport l’an dernier où 19968 interventions avaient été enregistrées dans le pays. 

« Concernant les victimes, nous avons enregistré 953 décédées, 3436 sans évacuation et 24.298 transportées vers les centres hospitaliers et autres structures sanitaires sur un total de 28 687 victimes. Sur les 23 010 interventions, les accidents de la circulation représentent 61,05% des interventions, soit 14 047 au total. Les 2 288 incendies enregistrés quant à eux représentent 9,94% des interventions », précisent également, les « soldats du feu». 

Par ailleurs, le GSPM dit avoir pris en charge 525 aliénés menaçants ou malades mentaux et transportés 38 femmes en travail. « A Abidjan, les communes de Yopougon ( 4730), Cocody ( 3305) et Abobo (2258) enregistrent le plus grand nombre d’interventions des pompiers en 2019», conclut la note.


Le Patronat ivoirien appelle à un «appui à la conquête de nouveaux marchés»

Publié le 03.01.2020 à 00h18 par APA

Le Patronat ivoirien appelle à un « appui à la conquête de nouveaux marchés », l’un de ses défis pour l’année 2020, ce qui devrait permettre aux entreprises locales de saisir davantage d’opportunités dans la Zone de libre échange continentale (ZLECA).Établissant un bilan de l’année écoulée, mercredi à Abidjan, le président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (Cgeci, Patronat ivoirien), Jean-Marie Ackah, s’est dit conscient des défis qui restent encore à relever, évoquant la conquête de nouveaux marchés.

« Les attentes du secteur privé sont encore grandes aussi bien en ce qui concerne l’appui à la conquête de nouveaux marchés que dans l’accompagnement à trouver des solutions aux grandes problématiques auxquelles sont toujours confrontées les entreprises », a dit M. Jean-Marie Ackah.

Il a relevé l’accès au financement, surtout pour les Petites et moyennes entreprises (PME), l’élargissement de l’assiette fiscale pour alléger la pression fiscale que subit le secteur formel, l’élimination des barrières à l’accès aux marchés nationaux ou régionaux, publics ou privés. 

Le Patronat ivoirien,  ajoutera-t-il,  veut œuvrer pour l’année qui s’ouvre à l’amélioration de la qualité de formation notamment professionnelle, pour doter les entreprises de compétences nécessaires, ainsi qu’ à l’amélioration des procédures administratives et de la réglementation « parfois trop contraignantes ».

L’éclosion « rapide » de champions nationaux « made in Côte d’Ivoire » est l’un des défis de la Cgeci. Pour ce faire, l’organisation s’engage à poursuivre les réformes et innovations afin de permettre aux entreprises ivoiriennes de s’adapter aux mutations technologiques et capter davantage de devises. 

« En trois ans, nous avons porté la voix du secteur privé ivoirien sur toutes les grandes réformes et les principaux sujets qui ont occupé les pouvoirs publics nationaux et les organisations régionales », a-t-il poursuivi.

Au plan national, le Patronat ivoirien a « contribué à la réforme et à la prévisibilité du système fiscal, à la réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle, à la promotion de la RSE au sein des entreprises, et à la promotion des champions nationaux », a-t-il énuméré. 

Sur le plan régional « nous avons contribué aux discussions sur les Accords de Partenariat Economique (APE) régional et intérimaire, sur les entraves au Schéma de Libéralisation des échanges communautaires et sur l’application du dispositif réglementaire du Tarif Extérieur Commun de la CEDEAO », a fait remarquer M. Ackah. 

La Cgeci veut favoriser l’amélioration de sa gouvernance en vue d’un « positionnement de ses adhérents au cœur de l’action patronale, l’amélioration de sa notoriété, ainsi que la consolidation de son image au plan national et international ».  

Le Patronat ivoirien veut contribuer à ce que la Côte d’Ivoire rejoigne « le cercle très prestigieux des 50 pays les mieux classés par la Banque Mondiale » dans le rapport Doing Business de la Banque Mondiale, où le pays a gagné 55 places depuis le début des réformes en 2013. 


Soudan/Darfour: 18 morts dans le crash d’un avion militaire, combats sanglants

Publié le 02.01.2020 à 22h50 par AFP

Dix-huit personnes dont quatre enfants ont été tuées jeudi dans le crash d’un avion militaire soudanais au Darfour après avoir transporté de l’aide dans cette région de l’ouest du Soudan, meurtrie par de nouvelles violences, a indiqué l’armée.

Selon un communiqué de l’armée, l’avion s’est écrasé cinq minutes après son décollage de l’aéroport d’El Geneina, capitale de l’Etat du Darfour-Ouest, frappée ces derniers jours par des combats entre tribus qui ont fait près de 50 morts.

« Un avion militaire Antonov 12 s’est écrasé après son décollage d’El Geneina. Tous ses occupants, sept membres d’équipage, trois juges et huit civils dont quatre enfants, ont péri », a affirmé le porte-parole militaire Amer Mohammed Al-Hassan, dans le communiqué.

Une enquête est en cours pour déterminer les causes du drame, a précisé l’armée.

Plus tôt, une source militaire avait fait état du crash d’un avion qui avait acheminé de l’aide humanitaire aux habitants touchés par les violences à El Geneina sans fournir davantage de précisions.

Selon le Croissant-Rouge local, au moins 48 personnes ont été tuées et 241 blessées dimanche et lundi lors de combats entre tribus rivales arabe et africaine à El Geneina au Darfour, une région déchirée par les violences depuis 2003.

Dix-neuf des blessés sont dans un état critique et ont été transférés à Khartoum, à 1.100 km à l’est d’El Geneina.

– Couvre-feu –

Des habitants contactés par téléphone ont confirmé à l’AFP que les combats avaient cessé et indiqué que des forces de sécurité patrouillaient les routes principales de la ville.

Le gouvernement a imposé un couvre-feu dans le Darfour-Ouest lundi. Une délégation officielle s’est rendue sur place et des troupes ont été déployées à El Geneina.

Selon des médias soudanais, les heurts ont éclaté après une dispute entre deux personnes.

Une femme contactée par téléphone a indiqué à l’AFP avoir fui le camp de Krinding, un camp de déplacés de la minorité ethnique non arabe Masalit près d’El Geneina, après que des assaillants ont mis le feu à des tentes.

« Nous n’avons pas de nourriture et seulement les habits que nous portons. Des corps gisent sur le sol » dans le camp, a-t-elle déclaré.

En janvier 2016, six personnes ont été tuées dans des violences au Darfour-Ouest entre des membres de la tribu des Masalit et des membres de celle arabe de Beni Halba. Les heurts avaient déclenché des manifestations à Khartoum pour demander « la fin des massacres dans les camps de déplacés ».

Le Darfour est déchiré par les violences depuis que des rebelles issus de minorités ethniques ont pris en 2003 les armes contre le pouvoir central d’Omar el-Béchir, l’accusant de marginaliser leur région.

Fin décembre, le gouvernement soudanais et neuf groupes rebelles ont adopté une feuille de route pour mettre fin au conflit au Darfour.

Incarcéré depuis sa destitution par l’armée en avril 2019 sous la pression de la rue, M. Béchir a été jugé coupable de corruption. Une enquête a été en outre ouverte contre lui et 50 responsables soudanais pour crimes au Darfour.

M. Béchir fait l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux émis en 2009 et 2010 par la Cour pénale internationale pour « génocide », « crimes contre l’humanité » et « crimes de guerre » au Darfour.


Maroc : Tanger abrite la 21ème édition du Festival national du film du 28 février au 7 mars

Publié le 02.01.2020 à 22h18 par APA

La 21ème édition du Festival national du Film (FNF) aura lieu du 28 février au 07 mars 2020 à Tanger, a annoncé, jeudi, le Centre Cinématographique Marocain (CCM), organisateur de ce rendez-vous annuel.Le programme de ce festival comporte une compétition pour les films de court métrage de fiction, une autre  pour les films de long métrage de fiction et de documentaire et des rencontres professionnelles outre la présentation du bilan cinématographique au titre de l’année 2019 et des activités parallèles, indique un communiqué du CCM parvenu à APA.

Crée en 1982 mais annuel, sans connaître d’interruption à partir de sa 11ème édition en 2010, le Festival national du film au Maroc est organisé par le Centre cinématographique marocain.

En 2019, le grand prix de cette manifestation artistique a été remporté par le long-métrage « Lancer ce poids » de Hind Bensari. Pour la compétition des courts-métrages, le film « les enfants des sables » de El Ghali Graimiche s’est adjugé le titre.


Aéroport d’Abidjan: 2,26 millions de passagers enregistrés en 2019 (Officiel)

Publié le 02.01.2020 à 22h18 par APA

L’aéroport international Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan a enregistré un trafic de 2 260 000 passagers en 2019 contre 2 187 868 en 2018, soit une hausse de 3,3%, selon des données officielles.Le trafic à l’aéroport d’Abidjan connaît une dynamique ces dernières avec une augmentation du nombre de passagers. En 2019, le nombre de passagers s’est établi à 2 260 000 passagers contre 2 187 868 l’année précédente, soit une progression de 3,3%.        

« Nous avons restauré l’attractivité touristique de notre beau pays et le trafic de passagers à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny est passé de 630 000 passagers en 2011 à 2 260 000 en 2019 », s’est félicité le président Alassane Ouattara dans son message à la Nation à l’orée de l’an 2020.  

Avec la certification américaine TSA obtenue en mars 2015, l’aéroport d’Abidjan affiche une sûreté indéniable. De ce fait, il a été ouvert, en mai 2018, une ligne directe Abidjan-Newark (New Jersey, Etats-Unis) assurée par Air Côte d’Ivoire et Ethiopian Airlines à travers un accord commercial.

La vision des dirigeants ivoiriens est de repositionner la Côte d’Ivoire sur l’échiquier international et de faire du pays un hub aéroportuaire régional. Air Côte d’Ivoire, la compagnie nationale, est l’une des sociétés aériennes importantes de la zone Ouest et Centre de l’Afrique (CEDEAO-CEMAC).   


Algérie: la présidence annonce la composition du nouveau gouvernement

Publié le 02.01.2020 à 21h50 par AFP

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a nommé jeudi soir, deux semaines exactement après son entrée en fonction, son premier gouvernement, composé de 39 membres, a annoncé le porte-parole de la présidence en donnant la composition à la télévision nationale.

C’est la première fois que le gouvernement algérien est annoncé en direct de la présidence et par un de ses responsables à la télévision, et non via un communiqué officiel.

Le 28 décembre, M. Tebboune avait nommé Premier ministre Abdelaziz Djerad, un universitaire de 65 ans, ancien secrétaire général de la présidence (1993-1995) puis du ministère des Affaires étrangères (2001-2003), et l’avait chargé de constituer un gouvernement.

Quatre des cinq principaux ministres figuraient déjà dans le précédent gouvernement, dirigé par Noureddine Bedoui, nommé le 31 mars par le président Abdelaziz Bouteflika, deux jours avant sa démission sous la pression d’un mouvement (« Hirak ») de contestation inédit.

Sabri Boukadoum conserve le portefeuille des Affaires étrangères. Kamel Beldjoud, ministre de l’Habitat dans le gouvernement Bedoui, devient ministre de l’Intérieur, poste dont il assurait l’intérim depuis le limogeage de son titulaire Salah Eddine Dahmoune, le 19 décembre.

Belkacem Zeghmati, déjà ministre de la Justice du gouvernement Bedoui conserve lui aussi son portefeuille, de même que Mohamed Arkab à l’Energie.

Quant au 5e, Abderrahmane Raouya, nommé ministre des Finances, il avait déjà occupé le poste entre 2017 et 2019 sous la présidence Bouteflika, dans le gouvernement du Premier ministre Ahmed Ouyahia.

Tayeb Zitouni conserve lui son portefeuille de ministre des Moudjahidine (anciens combattants) qu’il occupe sans interruption depuis 2017.

Au moins trois autres ministres –Farouk Chiali (Travaux publics), Sid Ahmed Ferroukhi (Pêche), Hassane Mermouri (Tourisme)– ont déjà occupé ces portefeuilles sous la présidence de M. Bouteflika, qui fut président durant 20 ans.

Parmi ses 39 membres, le gouvernement compte sept ministres délégués et quatre secrétaires d’Etats. Il compte également 5 femmes, selon l’agence de presse officielle APS.

Principale originalité, il ne compte pas de vice-ministre de la Défense, poste qu’occupait depuis 2013, et jusqu’à son décès le 23 décembre, le puissant chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah. Le président de la République est traditionnellement ministre de la Défense en titre en Algérie.


Espagne: un parti catalan ouvre la voie à la reconduction de Sanchez

Publié le 02.01.2020 à 21h50 par AFP

Le parti indépendantiste catalan ERC a ouvert jeudi la voie à la reconduction à la tête du gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sanchez, après des mois de paralysie politique.

Réuni à Barcelone, le conseil national d’ERC (Gauche Républicaine de Catalogne) a décidé que les 13 députés du parti « s’abstiendraient lors du vote d’investiture du candidat Pedro Sanchez dans les prochains jours », a déclaré Pere Aragonès, haut dirigeant de ce parti, à Barcelone.

Cette abstention doit permettre au socialiste de remporter, mardi, un deuxième vote de confiance au parlement lors duquel une majorité relative – soit plus de « oui » que de « non » – suffit.

Avant cela, les députés commenceront à débattre samedi – en plein week-end de l’Epiphanie, où le pays est normalement à l’arrêt – et voteront une première fois dimanche.

Mais M. Sanchez ne sera pas en mesure d’obtenir la majorité absolue de 176 voix nécessaire pour l’emporter lors de ce premier vote de confiance.

– Négociations sur la Catalogne –

En échange de son abstention, ERC a obtenu des socialistes la mise en place d’un processus de « négociations entre gouvernements (central et régional) et une future consultation en Catalogne sur les accords » obtenus lors de cette négociation, a indiqué le parti séparatiste dans un communiqué.

Selon les socialistes, ce dialogue, qui aura lieu dans le respect « de l’ordre juridique démocratique » et donc de la Constitution, a pour but de « débloquer le conflit politique sur l’avenir de la Catalogne ».

Vainqueur affaibli des dernières élections législatives du 10 novembre, Pedro Sanchez a pour allié principal le parti de gauche radicale Podemos, avec lequel il veut former le premier gouvernement de coalition du pays depuis la fin de la dictature franquiste en 1975.

Mais ensemble, les socialistes et Podemos ne comptent que 155 députés sur les 350 du parlement et ont donc besoin de l’appui d’autres formations pour que M. Sanchez puisse être reconduit à la tête du gouvernement.

Dans un Parlement très fragmenté, l’abstention des 13 députés d’ERC était la dernière pièce majeure du puzzle nécessaire à l’investiture de M. Sanchez, à qui les nationalistes basques du PNV ont déjà apporté leurs voix.

La Catalogne, dont le gouvernement régional est contrôlé par les séparatistes, a été secouée en octobre par de nombreuses manifestations, qui ont parfois dégénéré en violences, après la condamnation à la prison de neuf dirigeants indépendantistes, dont le chef d’ERC Oriol Junqueras, pour leur rôle dans une tentative de sécession en 2017.

L’investiture de Pedro Sanchez mettra fin à des mois de paralysie, dans un pays en proie à l’instabilité politique chronique depuis 2015.

Arrivé au pouvoir en juin 2018, M. Sanchez avait été contraint de convoquer des élections en avril 2019 après avoir été lâché par les indépendantistes catalans. Vainqueur de ce scrutin, il n’avait pas réussi à être reconduit en raison notamment de l’échec de ses négociations avec Podemos. De nouvelles élections avaient alors dû être organisées en novembre, les quatrièmes en quatre ans.

– « Sanchez a vendu l’Espagne » –

L’opposition de droite et d’extrême droite accusent M. Sanchez de se faire l’otage des indépendantistes en acceptant l’abstention d’ERC pour être reconduit.

« Sanchez a vendu l’Espagne en échange de son maintien au pouvoir (…) Tout ce que veulent les indépendantistes, Sanchez leur cède », a accusé jeudi Teodoro Garcia Egea, numéro deux du Parti populaire (droite).

Pour sa part, ERC a été critiqué par les autres composantes du mouvement indépendantiste, comme la puissante association ANC, dont la présidente Elisenda Paluzie a mis en garde contre « les risques de cet accord pour le processus d’autodétermination de la Catalogne ».


Autriche : l’aventure politique commence pour le tandem écolo-conservateur

Une mesure de lutte contre l’immigration pour une mesure de justice sociale et beaucoup de promesses sur le climat : les conservateurs autrichiens et les Verts ont présenté un programme pesé au trébuchet pour assurer l’équilibre de leur improbable coalition.

La lutte contre le changement climatique sera le ciment de ce nouveau gouvernement issu des législatives du 29 septembre et qui veut associer « le meilleur » de « deux partis très différents », a observé Sebastian Kurz, le jeune chef de la droite qui, à 33 ans, va reprendre les rênes de l’Autriche.

A peine le pacte de coalition rendu public, l’opposition sociale-démocrate a cependant dénoncé le « cavalier seul » des conservateurs, jugeant qu’ils se taillaient la part du lion dans le programme commun.

« Les Verts prennent un très gros risque », a observé l’analyste Johannes Huber, interrogé par l’AFP. « Ils sont prêts à avaler des décisions difficiles pour pousser » leur programme en faveur du climat, quitte à endosser la ligne sécuritaire et anti-immigration de Sebastian Kurz.

La coalition veut faire de ce pays de 8,8 millions d’habitants un « pionnier dans la protection du climat » et s’est notamment fixé un objectif de neutralité carbone au plus tard en 2040. Cette cible est plus ambitieuse que le délai récemment établi par les Européens qui visent la neutralité carbone à l’horizon 2050 dans l’UE.

Le programme gouvernemental de 300 pages comprend une kyrielle de mesures pour protéger l’environnement, allant du passage à 100% d’énergies renouvelables dans les dix ans à un plan d’investissement pour les transports en commun.

Le gouvernement veut créer une carte à trois euros par jour permettant d’emprunter les transports en commun dans toute l’Autriche, substantiellement augmenter l’écotaxe sur les billets d’avion, faire passer la part des déplacements à vélo de 6% à 13%.

– Risque à prendre –

Sur les autres sujets, les deux formations n’ont pas cherché à aplanir leurs différends ni à forger des « compromis a minima », a expliqué Sebastian Kurz, mais à sélectionner des mesures emblématiques dans les programmes de chaque parti.

« La lutte contre l’immigration illégale restera au coeur de ma politique », a affirmé le chef des conservateurs, qui avait scellé en 2017 une alliance de gouvernement avec l’extrême droite en adoptant une ligne dure sur les questions de politique migratoire, de sécurité et de lutte contre « l’islam politique ».

C’est à regret qu’il avait mis fin, en mai, à 18 mois de coalition avec les nationalistes, compromis dans un scandale de corruption (« l’Ibizagate »).

Pour maintenir le cap cher à l’électorat ÖVP, le programme prévoit de créer un nouveau dispositif controversé de « détention préventive » pour des individus jugés dangereux même s’ils n’ont pas commis de crime et d’étendre l’interdiction du port du voile dans les établissements scolaires.

Le « pari » de cette coalition délicate doit pourtant être tenté, a défendu jeudi Werner Kogler, le chef des Verts, âgé de 58 ans, qui va prendre le poste de vice-chancelier.

Outre le climat, les Verts ont obtenu des garanties sur le respect des droits de l’homme et des conventions internationales, sur l’amélioration de la transparence et de l’éthique du système politique, sur le droit à l’information, la lutte pour plus de « justice sociale » et contre la pauvreté.

Sur le papier, la droite libérale de l’ex-chancelier et les écologistes autrichiens, ancrés à gauche, ont surtout en commun d’avoir été les principaux vainqueurs de l’élection de septembre : l’ÖVP a renforcé son score (37,5%), sans obtenir la majorité absolue, tandis que les Verts, en quatrième position (13,9%), ont signé un retour en force au parlement.

– Verts minoritaires –

L’expérience autrichienne s’inscrit dans de cadre de la recomposition politique à l’oeuvre en Europe où la montée des discours populistes et la poussée des partis écologistes, portés par l’urgence de la question climatique, rebattent les cartes.

Des ministres verts participent au gouvernement en Suède, en Finlande, en Lituanie, au Luxembourg. Les Verts sont en pleine ascension Allemagne, avec l’espoir de pouvoir placer une ou un écologiste à la chancellerie aux prochaines élections.

Avec dix ministères pour la droite, contre quatre pour les Verts, l’ÖVP dominera largement le nouveau gouvernement, gardant la main sur les ministères de l’Intérieur, des Finances et des Affaires étrangères.

Les quatre ministres écologistes seront chargés d’un « super ministère » de l’Environnement, de la Justice, des Affaires sociales, de la Culture et du Sport.

Les Verts devraient donner leur accord au pacte de gouvernement au cours d’un congrès extraordinaire convoqué pour samedi. L’investiture de la nouvelle équipe devrait avoir lieu la semaine prochaine.


Umaro Embaló ou le Messie en Guinée-Bissau

Publié le 02.01.2020 à 21h18 par APA

Umaro Sissoco Embaló, plus jeune président de la Guinée-Bissau, incarne pour ses partisans le « changement », mais il aura la lourde tâche de présider aux destinées de ce pays de l’Afrique de l’ouest à l’histoire politique fort mouvementée.A seulement 47 ans, Umaro Sissoco Embaló a été porté à la tête de la Guinée-Bissau. Le chef de file du Mouvement pour l’alternance démocratique (Madem G15) a été proclamé mercredi 1 janvier 2020 vainqueur du second tour de l’élection présidentielle.

Cet ancien Premier ministre (2016-2018) du président José Mário Vaz a obtenu 53,55 % des suffrages exprimés, contre 46,45% pour Domingos Simoes Pereira, le candidat du Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation dominante de la vie politique dans cette ancienne colonie portugaise indépendante en 1974 après une longue guerre de libération nationale.

Général de brigade de réserve, Umaro Embaló est un spécialiste des questions de défense et géostratégiques. Proche de plusieurs dirigeants africains, il dispose d’un vaste réseau de relations sur le continent. Cet ancien proche de l’ancien guide libyen Mouammar Kadhafi a occupé par le passé le poste de représentant en Afrique de l’ouest d’un fonds d’investissement appartenant à la Libye.

Le président nouvellement élu est un dissident du PAIGC. Sa formation politique, le Madem G15, a été créée il y a juste un an et demi. Ce polyglotte qui parle parfaitement le portugais et le français devra néanmoins cohabiter avec ses anciens camarades du PAIGC, majoritaires à l’Assemblée nationale.

Selon la Constitution bissau-guinéenne, c’est le parlement qui désigne le Premier ministre. Mais ce choix est susceptible d’être révoqué par le président de la république. Avec 27 sièges, le Madem est la deuxième force politique à l’hémicycle.

La Guinée-Bissau, 1,8 million d’habitants, a connu plusieurs cycles de violences depuis son accession à l’indépendance en 1974. Très impliquée dans la vie politique, l’armée y a exécuté plusieurs coups d’Etat dont le dernier remonte à 2012 et qui ont déstabilisé le pays.

Pour rassurer l’opinion publique, le Général Biague Na Ntam, chef d’état-major de l’Armée a assuré à la veille de cette élection présidentielle que les militaires ne sortiront pas des casernes.

Selon les résultats issus des urnes, Umaro Embaló père de trois enfants, est arrivé en première position dans sept des dix régions que compte la Guinée-Bissau.


« Tout est défis en Guinée-Bissau » (analyste)

Publié le 02.01.2020 à 21h18 par APA

L’analyste politique sénégalais, Barka Ba, analyse pour APA la personnalité du nouveau président bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalo et les défis qui l’attendent.La Guinée Bissau a un nouveau président. Qui est-il ? 

Umaro Sissoco Embalo a un parcours assez atypique et assez intéressant. En gros, c’est un jeune qui a été recruté dans l’armée bissau-guinéenne très tôt où il a gravi différents échelons, jusqu’à atteindre le grade de général de brigade. Son parcours dans l’armée est un des marqueurs de sa trajectoire politique parce qu’il s’en réclame beaucoup pour donner l’image d’un homme de poigne, d’un homme d’ordre. Et surtout l’armée bissau-guinéenne étant une armée à la réputation très sulfureuse et abonnée aux putschs, il estime être capable de diriger le pays parce qu’il en est le produit et qu’il la connait très bien.

L’autre aspect de son parcours, c’est sa longue fréquentation de certains palais africains et de ses locataires comme le défunt Momar Khadafi dont il a été un des agents financiers en Afrique de l’ouest à travers un fond d’investissement. Il a aussi beaucoup côtoyé Blaise Compaoré et aussi le président Sassou N’Guesso. Il est à la fois militaire, un peu agent d’influence de chefs d’Etats et ce carnet d’adresses lui a permis d’entrer en politique, de se battre jusqu’à devenir, avec beaucoup de péripéties, Premier ministre. Ce qui a renforcé sa stature d’homme d’Etat.

Quels sont les défis majeurs qui attendent le président Embalo ? 

Umaro Sissoco Embalo est confronté à d’immenses défis. La Guinée-Bissau est non seulement un des pays les plus pauvres au monde, mais il souffre aussi de sa réputation de pays chroniquement instable avec plusieurs coups d’Etat, une parenthèse sanglante à partir de 1998 avec une guerre civile qui a laissé des séquelles très profondes. Le pays est aussi régulièrement cité dans les rapports comme étant une plaque tournante de la cocaïne, une arrière-cour des cartels colombiens qui profitent de la faiblesse institutionnelle de l’Etat pour s’adonner à un trafic intense de cocaïne. Ne serait-ce que sur ce plan-là, les défis sont immenses.

L’autre défi, au-delà de l’image qui colle négativement à la peau de ce pays, c’est l’armée bissau-guinéenne qui est une armée issue d’une guerre de libération où pendant très longtemps les vétérans, majoritairement analphabètes, ont fait la loi dans le pays. C’est une armée où il était courant de voir des gens qui ne partaient quasiment jamais à la retraite. C’est un des problèmes du pays mais qu’il faudra réformer au pas de charge. Ce qui n’est pas aisé parce que c’est une armée qui a une histoire propre, où il y a des équilibres ethniques à gérer.

Tout est défis en fait en Guinée-Bissau aussi bien sur le plan infrastructurel qu’institutionnel… La Guinée-Bissau, colonisée par les Portugais, a eu une des colonisations les plus violentes. Elle est héritière d’un système extrêmement déglingué par les Portugais qui n’avaient pas voulu, contrairement aux Français, former une élite. La doctrine portugaise de l’époque étant pas d’école, pas d’élite et donc pas de contestation. Le pays souffre de ce handicap qui est très lourd et qui entrave son développement. Et cette guerre de libération, si elle est glorieuse au plan de la fierté nationale, a quand-même laissé des séquelles très profondes parce qu’ayant laissé un pays marqué par l’analphabétisme et la faiblesse du leadership de ses dirigeants depuis la mort d’Amilcar Cabral.

A peine élu, le nouveau président a qualifié le président sénégalais Macky Sall de « frère » et affirmé que le guinéen Alpha Condé ne voulait pas de son élection. Qu’est-ce que cela peut-il augurer en termes de relations avec ses deux principaux voisins? 

Umaro Sissoco Embalo l’a plusieurs fois répété et il ne s’en est pas caché. Il a des relations particulières avec le président Macky Sall qu’il a connu avant qu’il n’accède au pouvoir. Il a même était un des stratèges de l’ombre de l’APR, le parti de Macky Sall quand ce dernier cherchait le pouvoir. Et une fois lancé en politique en Guinée-Bissau, il s’est toujours réclamé de l’amitié de Macky Sall et il compte évidemment poursuivre ce partenariat et surfer sur ses relations très fortes qui les unissent pour utiliser le Sénégal comme une sorte de « grand frère » qui pourrait aider la Guinée-Bissau à renouer avec les partenaires internationaux. De même, le Sénégal a aussi beaucoup besoin de la Guinée-Bissau puisqu’une partie de son territoire a servi de base arrière aux radicaux du front sud du MFDC, la rébellion en Casamance. Maintenant que les choses se sont stabilisées dans cette partie du Sénégal, Macky Sall va évidemment s’appuyer sur Sissoco Embalo pour consolider la dynamique de paix qu’on note depuis quelques temps dans la partie sud. Si les deux dirigeants jouent finement, ça sera un partenariat gagnant-gagnant entre les deux pays.

Le général Umaro Sissoco et Alpha Condé ont toujours entretenu des relations conflictuelles dans la mesure où quand M. Embalo était le premier ministre du président Vaz, et que le président Condé était médiateur dans la crise bissau-guinéenne, Embalo l’a toujours accusé de parti pris en sa défaveur et leurs relations n’étaient pas des plus cordiales. Ce qu’Alpha Condé lui rendait bien d’une certaine façon et Embalo pense que Condé a beaucoup contribué à aggraver la crise bissau-guinéenne par ses prises de position. Mais les deux hommes se connaissent bien depuis longtemps, bien avant leur arrivée au pouvoir respective. Aujourd’hui, Embalo a dit qu’il tourne cette page conflictuelle et considère Condé comme son homologue mais aussi comme une sorte de père pour lui. Dans l’intérêt mutuel des pays, les deux présidents sont obligés de fumer le calumet de la paix. Il ne peut pas en être autrement car, les deux pays sont liés par l’histoire et la géographie.